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Politix

2007/4 (nº 80 )



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Résumé

Français

Depuis la fin du conflit civil armé au Guatemala (1960-1996), plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) se sont inscrites dans la continuité du travail des deux « commissions de vérité » qu’a connues ce pays, en se donnant pour objectif de contribuer à la reconstruction de la démocratie « par le bas ». Internationales ou d’origine guatémaltèque, situées dans la capitale ou dans les villages où des massacres eurent lieu, elles travaillent à convaincre les populations locales de témoigner des violences qu’elles ont subies et d’endosser le statut de victimes qui, à ce titre, ont des droits à faire valoir auprès de leur gouvernement. À leurs yeux, amener ces populations à faire entendre leurs droits de victimes vise tout autant à leur donner une dignité (qu’elles n’ont selon ces ONG presque jamais connue) que, en rétablissant ainsi des relations de confiance entre elles et les autorités publiques, à les poser en citoyens à part entière du Guatemala. Rien n’est moins évident cependant tant cette double identité de victime et de citoyen, pensée comme cohérente et naturelle par les représentants de ces ONG, pose des dilemmes pratiques difficilement surmontables aux populations locales. C’est ce que je voudrais montrer dans cet article en focalisant l’attention sur la rencontre concrète qui s’opère entre une ONG particulière (le CALDH) et les survivants d’un massacre (Tut) réfugiés dans un village voisin, Wa’il.

English

The Contradictions of “Bottom-Up” Democratic Reconstruction in Post-Armed Civil Conflict in Guatemala Several non-governmental organizations (NGOs) operating in Guatemala in the post-civil conflict (1960-1996) era are dedicated to following up on the work of the country’s two “Truth Commissions”; their objective is to contribute to a bottom up reconstruction of the democracy in Guatemala. Both of international and Guatemalan origin, they operate in the capital or in the villages where massacres took place. They work to convince local populations to testify to the atrocities that they endured and to endorse the status of victims bearing rights that must be upheld by their government. From these NGOs’ point of view, this process will help these people to achieve two goals. Firstly, asserting their rights as victims will allow them to recover a certain dignity (which according to these NGOs, has never been recognized), and secondly, the reestablishment of a relationship of trust between them and the public authorities will allow them to become fully-fledged Guatemalan citizens. However, these objectives will remain elusive as long as this double identity of victim and citizen, conceived as coherent and natural by NGO workers, poses difficult-to-overcome dilemmas for local people. In this article, I address this problematic by focusing on the concrete interactions between one NGO in particular (the CALDH) and the survivors of the massacre of Tut, who found refuge in the neighbouring village of Wa’il.

Plan de l'article

  1. Une « réconciliation » génératrice de tensions
    1. Internationalisation des soutiens et reconfiguration locale du politique
    2. Le CALDH et la re-politisation de la mémoire
  2. Victime et citoyen : un dilemme pratique
    1. La guerre civile : une histoire contrastée
    2. L’« oubli » des engagements politiques passés
    3. Un rapport ambivalent à l’identité de victime
    4. Des méfiances persistantes
  3. Conclusion
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