DOI : 10.3917/psys.114.0271.
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S'inscrire Alertes e-mail - Psychothérapies Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezEffraction sexuelle et brisure du soi
Pour une prise en charge complexeAuteurMichèle Gennart du même auteur
Psychologue-psychothérapeute FSP1, avenue Druey
1018 Lausanne
Suisse gennart@bluewin.ch
Résumé
Une agression sexuelle chez un mineur atteint la subjectivité au foyer même de sa constitution bio-psycho-sociale. En prenant appui sur une situation clinique, l’auteur interroge les retentissements d’une telle agression dans l’intimité psychosomatique du sujet, en cherchant à comprendre comment, à partir d’une telle expérience, non seulement des dysfonctionnements corporels surgissent, mais des destinées psychopathologiques graves et chroniques peuvent se façonner.
Les mineurs qui ont été traumatisés dans leur intimité psychosomatique auront tendance dans la suite à « enfermer » leur soi hors de toute atteinte. Il s’agit alors de restaurer le lien d’appartenance à l’humain et d’éprouver, à travers les relations familiales, si un authentique espace familier peut se reconstruire. Le traitement intègre ainsi un travail centré sur les liens d’appartenance et un travail centré sur la personne, approchée dans la complexité de son identité incarnée.
Il s’agit donc, pour réduire un traumatisme, de travailler à le symboliser, à le réinsérer dans la trame de ce qui peut faire sens, et de restaurer les ressources curatives de l’entourage. Mais il s’agit encore de lui enlever sa prégnance corporelle en soignant les blessures et les douleurs par lesquelles le sujet a « intégré » l’effraction dans son intimité. La coopération concertée des intervenants médicaux, psychothérapeutiques et des familles y est donc essentielle.
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SummaryThe sexual aggression of a minor attains subjectivity at the very heart of his or her bio-psycho-social constitutions. Based on a clinical situation the author investigates the repercussions of such an aggression on the psychosomatic intimity of the subject. She tries to comprehend how, from that experience not only do corporal dysfunctions arise but serious chronic psychopathological destinies may come about.
Minors traumatised in their psychosomatic identity tend afterwards to shut away their « self » so as to become completely out of reach. It is therefore a matter of restoring the bond to humanity and of experiencing through family relations how a familiar environment is able to be reconstructed. The treatment integrates therefore work focusing on familiar ties as well as work focusing on the person recieved as a complex incarnate identity.
To reduce a trauma it has to be worked through symbolically to reinstate it in a framework that is able to make sense and to restore the environment’s curative resources. But it also requires relieving the patient of the corporal impregnation of the trauma by attending to the wounds and pains through which the patient has « integrated » the effraction into his/her intimacy. Concerted cooperation between doctor, psychotherapist and family is therefore essential.
PLAN DE L'ARTICLE
- Introduction
- Questionnement phénoménologique autour de la subjectivité, de sa constitution et de sa possible destruction
- Effraction dans l’intimité : un événement visible et invisible
- Confusions et expérience du déshumain
- Des patients éprouvants
- Implication du corps propre
- Situation clinique
- Le récit de la patiente
- Processus d’esseulement et rupture
- Traumatisme dans le rapport au corps et destruction du soi
- Crises et ajustements nécessaires du cadre thérapeutique
- Nécessité d’une prise en charge « psychosomatique »
- Conclusion



