Raisons politiques 2004/3
Raisons politiques
2004/3 (no 15)
160 pages
Editeur
I.S.B.N. 2724629914
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Dossier

Vous consultezBarrios des États-Unis: des logiques d’exclusion aux logiques communautaires ?

AuteurEmmanuelle Le Texier du même auteur

Emmanuelle Le Texier (eletexier@ucsd.edu), doctorante à l’Institut d’Études Politiques de Paris, rattachée au C.E.R.I., est associée au Center for Comparative Immigration Studies de l’Université de Californie, à San Diego (UCSD). Ses travaux portent sur les formes de mobilisation collective des immigrés aux États-Unis et abordent plus spécifiquement la transnationalisation de l’immigration mexicaine aux États-Unis et la participation au sein d’enclaves ethniques. Elle a récemment publié « Immigration et obsession sécuritaire aux États-Unis », Questions internationales, La Documentation Française, n˚ 5, janvier-février 2004. Prochaine publication : « Debating Barrio Boundaries : Gentrification and Gendered Participation », in Richard Griswold del Castillo et Isidro Ortiz (éds.), Latinos in San Diego : History, Politics, and Culture, 2005.

Résumé

La permanence de la ségrégation spatiale des populations d’origine hispanique dans les barrios (enclaves ethniques) des métropoles américaines a tour à tour été expliquée en termes culturalistes (« culture de pauvreté ») et structuralistes (sous-prolétariat ou underclass). Toutefois, depuis la fin des années 1980, l’application de ces modèles aux barrios se heurte à des approches qui insistent sur le caractère volontaire de l’exclusion. À l’inverse des ghettos noirs, le barrio résulterait des choix individuels, du désir de vivre ensemble dans des quartiers culturellement homogènes. Les logiques communautaires remplaceraient donc les logiques d’exclusion. Ce changement de paradigme s’inscrit dans une réflexion à double tranchant qui vise à légitimer d’une part, le « droit à la différence », et d’autre part, le retrait de l’intervention étatique dans les espaces marginalisés des villes américaines.





Two theoretical models are traditionally employed to explain the permanence of residential segregation in American barrios : one based on cultural factors (culture of poverty) and the other on structural factors (the so-called “underclass” approach). Nowadays, though, a new competing paradigm suggests that, unlike Afro-American ghettos, Hispanic enclaves in the U.S. are the upshot of a voluntary process based on individual choices to live together in culturally homogeneous neighbourhoods, hence of inclusion in communities rather than exclusion along socio-economic and/or ethnic lines. But the change of paradigm is a two-edged sword : whilst shoring up the right to difference, it is used by some to justify cutbacks in state programmes to ameliorate conditions in America’s slums.

PLAN DE L'ARTICLE

  • Barrio et « culture de pauvreté »
  • Le barrio : une « colonie intérieure » ?
  • Barrio et underclass : une analogie discutable
  • Des logiques communautaires ?
  • Changement de paradigme, ségrégation et modèles d’incorporation
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