Raisons politiques 2012/1
Raisons politiques
2012/1 (n° 45)
256 pages
Editeur
I.S.B.N. 9782724632637
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Quand intervenir ? Le critère du dernier recours dans la théorie de l'intervention humanitaire armée
par Jean-Baptiste Jeangène Vilmer
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Dossier

Vous consultezQuand intervenir ? Le critère du dernier recours dans la théorie de l'intervention humanitaire armée


Résumé

Il est communément admis que toute intervention militaire, même justifiée par des raisons humanitaires, doit être menée « en dernier recours ». Mais qu'est-ce que le dernier recours ? Cet article met en évidence quelques problèmes épistémologiques posés par ce critère classique de la doctrine de la guerre juste, qui est également contre-intuitif face à une urgence humanitaire : épuiser tous les recours, n'est-ce pas perdre du temps ? Ce critère est également problématique en ce qu'il présuppose que l'usage de la force armée est toujours la pire des options, alors que ce n'est pas forcément le cas. Cet article corrige et reformule le principe du dernier recours dans le cadre d'une éthique réaliste du moindre mal.


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When is intervention necessary ? The last recourse criterion in the theory of armed humanitarian intervention
There is a widespread agreement that any military intervention, even when justified on humanitarian grounds, should be conducted “as a last resort”. But what is last resort ? This article highlights the epistemological problems in this classic criterion of the just war doctrine, which is also counter-intuitive when facing a humanitarian emergency : exhausting all other measures, isn’t that losing precious time ? This criterion is also problematic in that it implies that the use of military force is always the worst option, which is not necessarily the case. This article corrects and reformulates the principle of last resort into one of the least bad option, within the framework of a realist ethics of the lesser evil.

PLAN DE L'ARTICLE

  • Des problèmes épistémologiques
    • Dernier recours : comment savoir ce qui vient en « dernier » ?
    • Le problème de la prévision
    • Un critère subjectif, toujours discutable
  • Gagner le temps que d'autres mettent à mourir : l'effet pervers d'une intervention tardive
    • Peut-on prendre le temps du dernier recours face à une urgence humanitaire ?
    • Un principe de précocité, dans certains cas, qui n'est pas une validation de toute guerre préventive
    • Le dernier recours est-il la politique du pire ?
  • Un critère à appliquer avec souplesse
    • Il n'est ni nécessaire ni même souhaitable d'épuiser tous les autres recours disponibles
    • Le dernier recours prometteur
    • Un principe de sélectivité
    • La question de la preuve
  • L'usage de la force armée n'est pas nécessairement la pire des options
  • Conclusion : l'éthique réaliste du moindre mal
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