Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie 2005/2
Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie
2005/2 (n° 39)
156 pages
Editeur
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Vous consultezDiderot, Rousseau et autres « incrédules » au service du catholicisme : à propos du Déisme réfuté par lui-même de l’abbé Bergier


AuteurHisayasu Nakagawa du même auteur

Institut international des Hautes Études. Kyoto.

Résumé

Diderot, matérialiste, explique dans sa Lettre sur les aveugles qu’un certain nombre de phénomènes physiques, qui requièrent la vue pour être saisis, peuvent être perçus comme irrationnels par des malvoyants qui ne peuvent vérifier grâce à ce sens la réalité de ces phénomènes. Rousseau, déiste, fait le même constat dans sa « Profession de foi du Vicaire savoyard » utilisant non pas la vue mais l’ouïe. Nicolas-Sylvestre Berger renverse leur argumentation en disant qu’elle est contre la « raison » et il utilise leurs explications pour la défense du catholicisme. Il explique de plus que la « raison » doit se soumettre aux « faits », et, ce faisant, il se conforme lui-même au rationalisme de Diderot et de Rousseau. Quand Berger pense qu’il a finalement triomphé de ses adversaires, il ouvre la brèche au sensualisme qui, grâce à lui ou à cause de lui, s’infiltre parmi les chrétiens. La transcendance sera, peu à peu, perdue de vue et l’apologétique cédera sa place, sans que Berger s’en aperçoive, au matérialisme.





Diderot, Rousseau and other “unbelievers” in the service of Catholicism: Bergier’s Déisme réfuté par lui-même
Diderot the materialist explained in his Lettre sur les aveugles that a certain number of physical phenomena which can only be grasped by sight can be thought irrational by unsighted people who cannot verify their reality by looking at them. Rousseau the deist stated the same thing in his Profession de foi du Vicaire savoyard using not sight but hearing. Nicolas-Sylvestre Berger turns their argument on its head by saying that it is against “reason” and uses it in defence of Catholicism. He also explains that “reason” must submit to “facts”, thus following Diderot’s and Rousseau’s rationalism. Bergier thought he had finally defeated his opponents, but he had in fact opened a breach to sensualism which thanks to him gained ground among christians. Without Bergier realising it, transcendence was thus gradually neglected and apologetics replaced by materialism.

PLAN DE L'ARTICLE

  • Deux principes de la thèse de l’abbé de Prades : « sensualisme » et « rationalisme »
  • Arguments de Diderot et de Rousseau utilisés par Bergier
  • « Certitude des faits » mise en valeur par Bergier
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