L’obsession du « dessous » : Diderot et l’image anatomique
Morwena Joly
La position de Diderot au sujet des connaissances anatomiques nécessaires à l’artiste est un élément révélateur de la manière dont Diderot utilise la polémique pour marquer ses débuts de commentateur des Salons de peinture. Mais l’auteur de l’Essai sur le mérite et la vertu, qui demande la réalisation d’une anatomie de l’âme humaine, et qui va lui-même suivre des cours d’anatomie chez Mlle Bihéron, célèbre céroplasticienne qu’il protège, a une relation en définitive très complexe face au sujet. De nombreux éléments contextuels viennent éclairer sous un double jour, rationnel et fantasmatique, les raisons pour lesquelles Diderot déclare qu’il est à craindre que « l’écorché ne reste perpétuellement dans l’imagination ».
The obsession with the “underneath”: Diderot and anatomical images
Diderot’s attitude to the anatomical knowledge needed by the artists helps to reveal the way he used controversy to launch his career as a commentator of art exhibitions. But the translator of Shaftesbury — who called for an anatomy of the human soul and followed the anatomy classes given by his protégé the famous wax-modeller Mlle Bihéron — had a complex attitude to the subject. Many contextual elements bring out the rational and fantasmagorical reasons why Diderot expressed his fear that the flayed anatomical model should stick permanently in the imagination.
• Une attitude ambiguë : entre opportunisme de polémiste et attrait pour l’intérieur
• La raison hantée par l’écorché : une passion pour l’anatomie (1747-1771)
• Maintenir à distance une anatomie centrée sur la définition de règles (1773-1777)
• « En peinture comme en morale, il est bien dangereux de voir sous la peau »