Revue économique 2009/4
Revue économique
2009/4 (Vol. 60)
160 pages
Editeur
Numéros antérieurs disponibles sur www.persee.fr

I.S.B.N. 9782724631395
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Vous consultezDe l’équilibre général comme « branche de la métaphysique »

Ou de l’opinion de Pareto sur le projet walrasien

AuteursPascal Bridel du même auteur

Fiorenzo Mornati du même auteur


Résumé

Cet article tente de « revisiter » quelques aspects de la rupture théorique, analytique et épistémologique intervenue entre les deux fondateurs de la théorie de l’équilibre général. Dans une première partie, on offre un rappel de quelques éléments factuels des brèves relations scientifiques et intellectuelles entre Walras et Pareto. Dans une deuxième partie, utilisant comme guide la correspondance de Pareto et les références dans les écrits de Pareto à l’œuvre de Walras, l’article examine une série de critiques adressées par Pareto à Walras et à son système théorique. Il est notamment question de l’usage des mathématiques en théorie économique, des hypothèses walrasiennes soutenant son économie pure, de quelques problèmes techniques liés à la théorie de l’équilibre général (notamment la question de sa stabilité par le biais du tâtonnement), de l’utilisation de l’économie pure pour analyser des problèmes « pratiques » et, last but not least, des rapports entre équilibre général et philosophie politique chez Walras. Dans la dernière partie conclusive, l’article propose quelques réflexions plus systématiques sur les épistémologies diamétralement opposées que Walras et Pareto attribuent à leurs versions pourtant très proches de la théorie de l’équilibre général.





General Equilibrium as a “branch of metaphysics” or, of Pareto’s opinion on Walras’s project
This essay is an attempt at “revisiting” some aspects of the theoretical, analytical and epistemological differences between the two founding fathers of general equilibrium theory. In part I, some factual elements of the brief personal, intellectual and scientific relationships between the two great theorists are recalled. In part II, and using as a guide Pareto’s correspondence and his references to Walras’s works, the article examines a wide range of critiques addressed by Pareto at Walras and at his theoretical system. In particular, and sometimes very critically, Pareto assesses in turn Walras’s use of mathematics, the hypotheses underpinning his pure economics and quite a few technical problems linked to general equilibrium theory (notably the stability problem linked to the
tâtonnement), and, last but not least, the crucial link established by Walras between general equilibrium and his political philosophy. In the last and conclusive part, more systematic reflections are offered on the widely conflicting epistemologies Walras and Pareto attributed to their yet very similar versions of the general equilibrium model.
Classification
JEL : B16 ; B31 ; B40 ; D50

PLAN DE L'ARTICLE

  • Introduction
  • Pareto et Walras [1891-1902] : une décennie d’incompréhension
    • Les premiers contacts (1891-1892)
    • La transition dans la chaire d’économie politique de l’université de Lausanne (avril-mai 1893)
    • Brève chronique d’une collaboration scientifique avortée (1893-1902)
  • Le regard sévère de Pareto sur la contribution théorique de Walras
    • Les faiblesses méthodologiques de l’économie pure walrasienne
    • La « grande » et « unique » contribution de Walras : un système d’équations simultanées
    • Autour de quelques hypothèses fondamentales de l’économie pure
    • Pédagogie et du bon usage de l’économie pure
  • Les divergences épistémologiques : un idéal à atteindre ou une première approximation ?
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