Recherches en psychanalyse 2004/2
Recherches en psychanalyse
2004/2 (no 2)
190 pages
Editeur
Revue précédemment éditée par L'Esprit du temps

I.S.B.N. 2847950443
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Dossier : Le crime

Vous consultezL’inconscient du crime. La « criminologie freudienne »

AuteurPaul-Laurent Assoun du même auteur

144 rue Lecourbe
75015 Paris

Résumé

Il s’agit de dégager la problématique freudienne du crime en sa cohérence méconnue. Le lien du créateur de la psychanalyse à la criminologie naissante – de la méthode diagnostique des signes de culpabilité au procès Halsmann en passant par la question des « simulateurs » de guerre – permet de dégager, au-delà de tout portrait-robot de la « personnalité criminelle », la signification propre de l’acte criminel, en miroir de la culpabilité névrotique. Des « criminels par conscience de culpabilité » à la figure du criminel comme « monstre narcissique » et destructivité, effet désintricateur de la pulsion de mort, se dégage la position subjective du criminel, pris dans le discours social et dans le montage fantasmatique qui le vise. Cette déconstruction permet d’interroger la signification clinique différentielle de l’acte criminel, selon ses modalités névrotiques, psychotiques et perverses. La problématique du « meurtre du père » et son corrélat – le « criminel originaire » – permet de situer les enjeux du réel inconscient du crime. Un « retour à Freud » montre ainsi sa portée et sa fécondité, en contraste avec la « psychopathologisation » du criminel dont la psychanalyse est le prête-nom.



Mots clés
criminologie, culpabilité, narcissisme, acte, fantasme, pulsion de mort, Œdipe, meurtrier originaire





This article aims at shedding light on the ill-known coherence of the Freudian notion of murder. We shall look at the links between the father of psychoanalysis and criminology in the early days of its existence and at the diagnostic method applied to signs of guilt in the Halsmann trial, along with the question of war ‘simulators’, which allow us, over and above the photo-fit of the ‘criminal personality’ they provide, to shed light on the actual signification of the act of murder as a mirror to neurotic guilt complexes. From ‘murderers conscious of their guilt,’ through to the murderer as a ‘narcissistic monster’, through to the notion of destructiveness as a direct effect of the death drive, we can examine the subjective position of the criminal as part of the surrounding social discourse and fantasy-based mosaic. This deconstruction thus allows us to question the differential clinical signification of the act of murder and the associated neurotic, psychotic or perverse modalities. The question of the ‘murder of the father’ and its correlation – ‘the original criminal’ – allows us to fix a framework for the real unconscious elements of murder. ‘Going back to Freud’ then takes on its true scope and richness as opposed to the practices of the ‘psycho-pathologisation’ of the murderer, a term nonetheless borrowed from psychoanalysis.

Keywords
criminology, guilt, narcissism, enactment, fantasy, death drive, Œdipus, original murderer

PLAN DE L'ARTICLE

  • « Avis de recherche » : l’inconscient criminel
  • Psychanalyse et criminologie
  • Le désir criminel
  • Pour une sémiologie de la culpabilité : le psychanalyste et le juge d’instruction
  • L’hystérique et le simulateur
  • L’acte par culpabilité
  • Le narcissisme fabuleux
  • Œdipe au tribunal ?
  • Derrière le crime : sujet et acte-symptôme
  • Crime et pulsion de mort
  • Du « crime en réunion » au « criminel originaire »
  • Le crime et son logos inconscient : l’a-criminologie freudienne
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