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Réseaux

2013/1 (n° 177)

  • Pages : 284
  • Affiliation : Revue précédemment éditée par Lavoisier

    Revue soutenue par l'Institut des Sciences Humaines et Sociales du CNRS

    Numéros antérieurs disponibles sur www.persee.fr

  • ISBN : 9782707175489
  • DOI : 10.3917/res.177.0063
  • Éditeur : La Découverte

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Résumé

Français

L’algorithme du moteur de recherche de Google, le PageRank, est une machine morale. Il enferme un système de valeurs, donnant la prééminence à ceux qui ont été jugé méritants par les autres, et déploie une volonté : faire du web un espace où l’échange des mérites n’est ni freiné ni déformé. En revenant sur les origines du PageRank en sociométrie et en scientométrie, cet article dégage les principales propriétés épistémiques d’un système de mesure de l’autorité des documents qui s’appuie sur les liens hypertextes que s’échangent les pages du web. Une condition essentielle de sa pertinence, décrite par les modèles statistiques qui fondent la thèse de la « sagesse des foules », est de présupposer que l’outil qui enregistre les comportements des internautes soit extérieur au monde qu’il mesure. Google a mis en place un ensemble de règles pour satisfaire cette condition : séparer le référencement naturel et les liens sponsorisés, ne pas toucher à la main l’algorithme, encourager les internautes à ne pas agir en fonction de l’algorithme. Mais la massification des usages du web et la multiplication des stratégies des internautes pour se faire voir de l’algorithme rendent de plus en plus fragile l’ordre que le PageRank a imposé au web.

English

Inside the mind of PageRankA study of Google’s algorithmThe Google search engine algorithm, PageRank, is a moral machine. It holds a value system, gives prominence to those that have been deemed worthy by others, and displays an intention to make the web a space where the exchange of merit is neither curbed nor deformed. By looking back at the origins of PageRank in sociometrics and scientometrics, this article identifies the main epistemic properties of a system which measures the authority of documents, and which relies on the hypertext links exchanged between web pages. One crucial condition of its pertinence, described by statistical models underpinning the “wisdom of crowds”, consists in presupposing that the tool which records the behaviours of internet users is external to the world it measures. Google has established a set of rules to satisfy this condition: separating natural ranking from sponsored links, not manually interfering with the algorithm, encouraging internet users not to act according to the algorithm. But the massification of uses of the web and the multiplication of internet user strategies to be visible to the algorithm make the order that PageRank has imposed on the web increasingly fragile.

Plan de l'article

  1. L’invention du Pagerank
    1. Sociométrie et scientométrie
    2. Extériorité, abstraction, procéduralisme, neutralité, honnêteté
    3. Le lien est un vote
    4. La pondération des pages
    5. Comment capturer la force du lien entrant ?
  2. L’organique et le stratégique
    1. Sagesse des foules
    2. La machine Google
    3. Ne pas toucher l’algorithme à la main
    4. Ne vous préoccupez pas de nous !
    5. Des internautes calculateurs
  3. La crise du PageRank
    1. De l’autorité à la popularité
    2. Les réseaux sociaux et le ranking des personnes
    3. Quand l’appareil devient machine

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