Revue française de science politique 2009/5
Revue française de science politique
2009/5 (Vol. 59)
180 pages
Editeur
Numéros antérieurs disponibles sur www.persee.fr

I.S.B.N. 9782724631463
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Articles

Vous consultezLa politique linguistique de la France à l’épreuve des revendications ethnoterritoriales

AuteursJean-Baptiste Harguindéguy du même auteur

Alistair Cole du même auteur


Résumé

La France est souvent considérée comme l’idéal-type de l’État nation culturellement homogène. Pourtant, même si le français est la principale langue d’usage, de nombreuses langues minoritaires y sont encore parlées. Cet article porte sur les mobilisations en faveur de l’usage des langues régionales depuis la deuxième guerre mondiale. Nous exposons tout d’abord un modèle d’analyse sous forme de marché linguistique. Puis, à travers l’exemple de la Corse, de la Bretagne et des langues d’oïl, nous cherchons à démontrer que l’action collective ethnolinguistique a emprunté trois trajectoires différenciées : la première consiste à matérialiser les revendications ethnolinguistiques à travers les institutions politiques et éducatives de la République ; la deuxième favorise l’usage des langues régionales en marge des institutions étatiques ; la troisième rassemble les cas de non-mobilisation. Ces différences sont mises au crédit d’une variation de l’ouverture de la structure d’opportunité selon les régions et de la capacité des entrepreneurs ethnolinguistiques à établir des réseaux territoriaux auprès des acteurs politiques.





France is often considered as a culturally homogeneous state-nation. However, although French remains the main used language, several minority languages are still spoken within the state borders. This paper focuses on political claims for regional languages since World War II. Firstly, it presents an analytical model in terms of linguistic market. Secondly, through the cases of Corsican, Breton and Oïl languages, it aims to demonstrate that ethnolinguistic mobilisations go through three different political paths : the first one consists in putting into practice ethnolinguistic claims through the republican institutions ; the second one favours the use of regional languages apart from the state institutions ; the third one encompasses the case studies of no-mobilisation. It is argued that such differences are due to the variation of political opportunity structure according to the regions, and to the capability of ethnolinguistic entrepreneurs for establishing territorial networks with the main regional political actors.

PLAN DE L'ARTICLE

  • Les revendications ethnolinguistiques au concret
    • Un modèle de politique linguistique forgé par la centralisation politique
    • L’émergence des revendications ethnolinguistiques
  • Coalitions territoriales et droits linguistiques : la politique culturelle de la France en perspective
    • Les mobilisations ethnolinguistiques autour du corse : avantages et inconvénients de l’insularité
    • Les militants ethnolinguistiques et le breton : le « pays contre l’État » ?
    • Le picard et les langues d’oïl : liaisons dangereuses avec le français ?
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