Revue française de sociologie 2009/2
Revue française de sociologie
2009/2 (Vol. 50 )
236 pages
Editeur
Numéros antérieurs disponibles sur www.persee.fr

I.S.B.N. 9782708012349
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Vous consultezL’emprise de la méritocratie scolaire : quelle légitimité ?

AuteursMarie Duru-bellat du même auteur

IEP-Paris et OSC 27, rue Saint-Guillaume 75337 PARIS cedex 07 CMH et Iredu/Cnrs Pôle AAFE – Esplanade Erasme – BP 26513 21065 Dijon cedex marie.duru-bellat@wanadoo.fr

Élise Tenret du même auteur

Iredu-Cnrs Pôle AAFE – Esplanade Erasme – BP 26513 21065 Dijon cedex elise.tenret@gmail.com

Résumé

Si la sociologie de l’éducation s’est attachée à établir que l’école (re)produit des inégalités sociales, peu de travaux empiriques se sont posé la question de savoir si l’école légitime les inégalités qu’elle crée, en inculquant aux élèves à la fois le principe de mérite et la légitimité de la méritocratie scolaire. L’enjeu de cette question, souligné notamment par les psychologues sociaux, fortement impliqués dans ce domaine d’étude, est pourtant très important. L’étude empirique présentée ici, qui conjugue à la fois une enquête réalisée auprès d’étudiants de première année d’enseignement supérieur et une série d’entretiens réalisés auprès d’adultes, montre que l’intériorisation de la méritocratie scolaire est loin d’être parfaite. Celle-ci fait l’objet de critiques principalement sur deux points : la capacité du diplôme à refléter le mérite, d’une part, et la légitimité de l’assimilation entre mérite scolaire et mérite professionnel, d’autre part. Cette étude atteste aussi de l’influence modérée – car contradictoire – exercée par la formation reçue sur les jugements, dans la mesure où l’éducation reçue renforce à la fois la croyance en la légitimité de la méritocratie scolaire, tout en donnant les moyens d’en percevoir les limites.





What legitimacy for scholastic meritocracy and its way in France ?
While sociology of education has worked to demonstrate that schooling (re)produces social inequalities, few empirical studies have raised the question of whether or not schooling legitimates the inequalities it, i.e., by inculcating in pupils both the principle of merit and the legitimacy of scholastic meritocracy. This question, raised instead by social psychologists, who have been deeply implicated in this area of study, is nonetheless of crucial importance. The empirical study presented here, which combines a survey of students in their first year of higher education and a series of interviews with adults, reveals that the principle of scholastic meritocracy has not been thoroughly internalized. People criticize that principle on two points : degree to which educational degree earned reflects merit, and how legitimate it is to identify scholastic merit with professional merit. The study also attests that the influence exerted on this judgment by respondent’s education is no more than moderate, precisely because it is contradictory : education received both strengthens belief in the legitimacy of scholastic meritocracy and provide means of perceiving its limitations.



PLAN DE L'ARTICLE

  • La croyance au mérite : un confort pour les individus, une nécessité pour la société
    • Croire en la justice : du confort psychologique à l’idéologie
    • Des points de vue situés sur la justice
    • Quel rôle pour l’école ?
  • Une recherche centrée sur la perception et la valorisation de la méritocratie scolaire
  • Le diplôme apparaît-il récompensé à sa juste valeur ?
    • Le diplôme, une condition perçue comme nécessaire mais non suffisante de la réussite
    • Le diplôme, un critère légitime de différenciation sociale ?
    • Le diplôme, un critère de différenciation sociale plus légitime que d’autres ?
  • Le diplôme mesure-t-il le mérite ?
    • Le diplôme, reconnaissance imparfaite d’un mérite purement scolaire
    • L’autre mérite : le mérite professionnel sans rapport avec le diplôme
    • L’investissement humain, principale source de légitimité du diplôme
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