Relations internationales  2012/1
Relations internationales
2012/1 (n° 149)
125 pages
Editeur
I.S.B.N. 9782130593706
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Les juristes nazis face au traité de Versailles (1919-1945)
par Johann Chapoutot
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Vous consultezLes juristes nazis face au traité de Versailles (1919-1945)

AuteurJohann Chapoutot du même auteur

Université de Grenoble II

Résumé


Résumé
Du point de vue des démocraties occidentales, la politique étrangère nazie constitue une odieuse violation du droit, car elle contrevient aux dispositions du traité de Versailles et parce qu’elle nie les droits des autres nationalités. La politique nazie est cependant tout sauf une violence primaire dépourvue d’arguments. La littérature juridique consacrée au traité de Versailles permet d’envisager le point de vue nazi : la Paix de Versailles est, en fait, un acte de guerre ; cet acte de guerre vise à annihiler l’Allemagne du point de vue politique – en tant qu’État-nation – mais aussi en termes biologiques. Dès lors, cette fausse paix ne lie pas juridiquement l’Allemagne, car le droit n’est pas respect formel de dispositions écrites, mais action au service de la (sur-)vie du peuple allemand. L’Allemagne est fondée à n’obéir qu’à la seule norme qui vaille pour elle : non pas le droit international
(Völkerrecht), mais le droit de la nation (Volksrecht), de la seule nation, du seul peuple qui vaille, le peuple allemand dont les intérêts vitaux sont le seul principe et la seule fin de l’action politique.


Nazi jurists and the Versailles Treaty (1919-1945)
From the point of view of the Western democracies, Nazi foreign policy was an outrageous violation of international law, for it contravened the articles of the Versailles Peace Treaty and it neglected the rights of the other nations. But the actions of the Nazi regime were based on a precise argumentation. The scientific production of Nazi jurists helps us understand the official German point of view of the Versailles Treaty: that the Versailles Peace was in fact an act of war which aimed at annihilating Germany politically, but also biologically, as a nation-state as well as a people. This false peace, thus, did not bind Germany legally, because law was not the formal respect of texts but rather action for the sake of the German people and their lives. Germany was entitled to abide by the only real law: not international law (Völkerrecht), but the law of the nation (Volksrecht), of the sole real nation and the sole real people, the German people, whose vital interests were the only fundament and aim of any sound political action.

PLAN DE L'ARTICLE

  • Démanteler l’Allemagne
  • « Trahison » et « pistolet sur la tempe »
  • Statique du droit et dynamique de la vie
  • Le droit à la vie du peuple allemand
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