DOI : 10.3917/rpec.122.0053.
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| Foucault, le pouvoir et l'entreprise : pour une théorie de la gouvernementalité managériale par Thibault Le Texier |
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Résumé
À partir du début des années 1970, Michel Foucault travaille sur le pouvoir. Réprimer, réglementer, dominer : la discipline, sa première formalisation élaborée de cette notion, est un mécanisme essentiellement négatif. Foucault semble alors peiner à s’extraire de la conception binaire et dominatrice du pouvoir qu’il a héritée des théories de la souveraineté. Dès le milieu des années 70, il nuance et rééquilibre cette vision. Le pouvoir ne prend plus dès lors la figure du panoptique carcéral mais celle du gouvernement au sens restreint d’activité de l’État et au sens large de technologie comportementale s’appliquant à des individus libres. Mais de nouveau, notre auteur se trouve encombré par cette rationalité régalienne dont il ne cesse de critiquer l’emprise sur les entendements contemporains du pouvoir. À trois exception près : la première, c’est le pastorat chrétien ; la seconde, c’est le gouvernement de soi tel qu’il est formulé par les Anciens ; la troisième, c’est la gouvernementalité managériale, que Foucault ne fait qu’esquisser très brièvement et très incomplètement et que nous nous emploierons à problématiser ici.
Mots clés
Foucault, Pouvoir, Gouvernement, Gestion
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AbstractFrom the beginning of the 1970s, Michel Foucault works on power. Repressing, ruling, dominating : the discipline, his first developed conception of power, is an essentially negative mechanism. Foucault seems to strive to escape the binary and overbearing conception of power he inherited from the theories of sovereignty. By the mid-70s, it balances and nuances this understanding. The power then no more takes the shape of the prison panopticon, but that of the government in the narrow sense of state activity, and in the broad sense of a behavioral technology applied to free individuals. But again, our author is encumbered by this regal rationality which influence on contemporary understandings of power he keeps on criticizing. With three exceptions : the first is the Christian pastoral care, the second is the government of the self as formulated by the Ancients, and the third is the managerial governmentality, which Foucault sketches very briefly and incompletely, and which we will problematize here. Classement JEL : M10
Keywords
Foucault, Power, Government, Management
PLAN DE L'ARTICLE
- Introduction
- Réprimer, discipliner, dominer : la première conception foucaldienne du pouvoir
- Réprimer et discipliner
- Produire ?
- Limites de la conception du pouvoir comme domination
- Sortir de la souveraineté
- Gouvernementalité, liberté, subjectivité : la seconde conception foucaldienne du pouvoir
- Guerre
- Biopolitique
- Gouvernementalité
- Sécurité et économie politique
- Subjectivation
- Sortir de l’État
- Organisation, contrôle, comptabilité, efficacité : la gestion, une conception du pouvoir qui reste à penser
- Foucault et le marché
- Foucault et l’entreprise
- Foucault et les sciences de gestion
- La gouvernementalité managériale
- Conclusion



