Que fait la police morale ?
Ruwen Ogien
L’article s’intéresse aux contributions possibles de la philosophie morale à la recherche dans les sciences empiriques. Il soutient que le couple de concepts minimalisme / maximalisme moral, qui vient de l’éthique normative, pourrait permettre de donner un cadre plus clair aux études comparatives de systèmes et de jugements moraux. Pour illustrer son propos, l’auteur examine certaines études psychologiques relatives au développement moral de l’enfant, certaines enquêtes anthropologiques sur les morales sexuelles, et propose une reformulation de l’» hypothèse de Mill », d’après laquelle il existerait un « penchant naturel » au maximalisme moral.Mots-clés :
systèmes moraux, jugements moraux, morale sexuelle.
Where is the moral police?
How can the philosophy of ethics contribute to research in the empirical sciences? Moral minimalism/maximalism, a pair of concepts from normative ethics, help clarify comparative studies of moral judgments and systems of morality. To illustrate this, psychological studies of the development of ethics in children and anthropological studies drawn from field work on sexual morals are examined; and John Stuart Mill’s hypothesis of a natural inclination toward moral maximalism is reformulated.Keywords :
system of ethics, moral judgments, sexual morals, John Stuart Mill.
• Morales maximales et minimales
• L’hypothèse de Mill
• Est-on « naturellement » maximaliste en morale ?
• Le maximalisme moral sexuel est-il universel ?
• Mieux définir les critères de distinction entre maximalisme et minimalisme moral
• L’hypothèse de Mill reformulée