DOI : 10.3917/tl.058.0127.
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S'inscrire Alertes e-mail - Travaux de linguistique Cairn.info respecte votre vie privéeVous consultezComment et les expressions indéfinies en n’importe et que ce soit
AuteurMichel Pierrard du même auteur
Résumé
Le français a produit deux séries d’« expressions indéfinies » : les formes « négativement indéfinies », où la proforme indéfinie est reprise par une forme en que ce soit (je n’ai pas vu qui que ce soit) et les formes « positivement indéfinies » en n’importe (n’importe qui doit respecter la loi). Contrairement à ce qui s’est passé dans d’autres langues (cf. angl. whenever / however et ndl. wanneer ook / hoe ook) et à ce qui était encore possible en ancien ou en moyen français,
(1) a) Quant que ce soit, ou tost ou tart. (Barb.; T.L., 2 : 27)
b) Si suis-je trompé si guere d’autres donnent plus à prendre en la matiere : et comment que ce soit, mal ou bien, si nul escrivain l’a semée, ny guere plus ... (Montaigne, Essais, livre 1, chap. 39)
le français moderne a restreint les expressions en quand et en comme / comment à la deuxième série. L’étude montre la spécificité de comment par rapport à qui, quoi, etc., et explique pourquoi comment n’entre pas dans l’expression indéfinie ... que ce soit, mais uniquement dans n’importe ... Elle décrit ensuite le fonctionnement sémantique de n’importe comment.
French uses two types of indefinite constructions: the « negative indefinites », in which the indefinite proform qu- is completed by the hypothetical concessive clause que ce soit (e.g. je n’ai pas vu qui que ce soit) and the « positive indefinites », introduced by the verbal element n’importe (e.g. n’importe qui doit respecter la loi). In contrast to similar constructions in other languages (cf. English whenever / however and Dutch wanneer ook / hoe ook) and in Old and Middle French
(1) a) Quant que ce soit, ou tost ou tart. (Barb.; T.L., 2 : 27)
b) Si suis-je trompé si guere d’autres donnent plus à prendre en la matiere : et comment que ce soit, mal ou bien, si nul escrivain l’a semée, ny guere plus ... (Montaigne, Essais, livre 1, chap. 39)
Modern French has restricted the use of quand and comme / comment to the second construction type. The present study investigates the specific properties of comment in comparison with qui, quoi, etc. and throws light on the reasons why comment does not fit into the negative indefinite construction que ce soit but only matches with the positive indefinite construction n’importe. Finally the paper discusses the semantic functioning of n’importe comment.
PLAN DE L'ARTICLE
- 1 - Comme(nt) et n’importe comment
- 1.1 - Qu- et n’importe qu-
- 1.2 - Une autonomie référentielle accrue
- 1.3 - Des contraintes syntaxiques moins restrictives
- 2 - Histoire succincte de comme(nt) que P
- 2.1 - Ancien français
- 2.2 - Du moyen français au 16e siècle
- 2.3 - Français classique
- 3 - Comment et les séries que ce soit et n’importe
- 3.1 - L’impact de la proforme comment
- 3.2 - L’impact du type de recharge
- 4 - Interprétations de n’importe comment
- 4.1 - Quantification existentielle et universelle
- 4.2 - Contextes sans actualisation et situations réelles
- 4.3 - Emploi concessif-hypothétique
- 4.4 - Valeur quantitative et qualitative
- 5 - Conclusions



