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« Par delà les monts et dans le lointain » :l’armée britannique dans la péninsule ibérique (1808-1814)


Charles Esdaile

University of Liverpool

Résumé

Cet article discute la certitude des historiens de la période napoléonienne que l’Empire français fut seulement vaincu parce qu’il recourut aux armes de la Révolution française et, par-dessus tout, à la « nation en armes ». L’expérience britannique, était très différente. En effet, bien que jamais défaite sur le champ de bataille, l’armée du duc de Wellington en Espagne et au Portugal était le produit d’un système militaire entièrement fondé sur les pratiques du XVIIIe siècle. Reflet d’une stratégie qui évitait un engagement continental massif et préférait combiner guerres coloniales, blocus naval et alliances étendues, les troupes britanniques étaient peu nombreuses et recrutées selon des engagements volontaires parmi, majoritairement, les classes inférieures de la société. Le rang était grossi d’un grand nombre d’étrangers, que l’on utilisait tout aussi intensivement pour les auxiliaires (ce fut le cas au Portugal). La discipline était rude autant que la tactique paraissait d’un autre âge. Même si les Britanniques vainquirent quand même Napoléon en Espagne, les explications traditionnelles méritent d’être remises en question. Espagne, armée britannique, duc de Wellington, vie militaire, guerres napoléoniennes, guerre d’Espagne, recrutement, tactique, stratégie



Over the Hills and Far Away: the British army in the Peninsula, 1808-1814
It is virtually an article of faith amongst historians of the Napoleonic era that the French empire was only defeated by recourse to the weapons of the French Revolution, and, above all, the Nation-in-Arms. The British experience, however, was very different. Thus, though never defeated in the field, the army commanded by the Duke of Wellington in Spain and Portugal was the product of a military system founded entirely in the practices of the eighteenth century. The reflection of a strategy that eschewed a massive continental commitment in favour of a combination of colonial warfare, naval blockade and great-power alliances, the British army was very small and recruited by voluntary enlistment from - in large part - the lowest classes of society. As in the eighteenth century, the ranks were swelled by large numbers of foreigners, whilst extensive use was also made of foreign auxiliaries (in this case the Portuguese). Discipline, too, was savage, whilst the army’s tactical system was seemingly antiquated. Yet Britain still defeated Napoleon in the Peninsula, the traditional argument therefore being open to serious question.