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Diogène 2008- 2 (n° 222)| ISSN 0419-1633 | ISSN numérique : en cours | ISBN : sans | page 32 à 47 Distribution électronique Cairn pour les éditions Presses Universitaires de France. © Presses Universitaires de France. Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit. |
Philosophie russe et pensée européenne : le cas de Vladimir S. Soloviev
Piama P. Gaidenko
RESUME — La philosophie russe du 19e siècle s'est développée en contact étroit avec la philosophie européenne. L'influence la plus forte a été exercée par la philosophie classique allemande. Cela est illustré de façon frappante par la doctrine de Vladimir Soloviev, un penseur éminent du 19e siècle. Soloviev doit plusieurs principes de sa doctrine à Friedrich Schelling à qui il a emprunté son concept fondamental d'un être " unitotal ". On peut aussi faire remonter jusqu'à Schelling la conviction de Soloviev que la force de la volonté constitue le principe déterminant de l'être, ainsi que sa conception d'un Dieu souffrant et en évolution. Enfin, c'est notamment sous l'influence de Schelling que Soloviev a élaboré sa théorie cosmogonique associée à sa sophiologie qui se fonde sur la thèse de la séparation par rapport à Dieu de Son " Alter Ego ", de Son " Prototype ". D'après Soloviev, " le Second Dieu " ou Sophia-la Sagesse est Dieu-devenu-homme, l'Absolu qui accède à l'être, dont la vie sous-tend le déroulement du processus historique.
ABSTRACT — Russian philosophy of the 19th century was developing in close contact with European philosophy. The strongest influence on Russian thought was exerted by classical German philosophy. One glowing example is the teaching of Vladimir Solovyov, an outstanding thinker of 19th century. Solovyov owes several principles of his teaching to Friedrich Schelling from whom he assimilated his cardinal concept of all-embracing being; also to Schelling we can trace Solovyov's conviction that willpower constitutes the determining principle of being as well his conception of the suffering and developing God. Finally, it is not without Schelling's influence Solovyov has shaped his cosmogonic theory associated with his sophiology based on the thesis about the falling off from God of His "Alter Ego", His "Prototype". According to Solovyov, "the Second God", or Sophia-Wisdom is God-Made-Man, the Absolute coming into being, whose life underlies the substance of historical process.