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Le mouvement pour la justice restauratrice : « an idea whose time has come »
Sandrine Lefranc
<slefranc@u-paris10.fr>
Chargée de recherche au CNRS, membre de l’Institut des sciences sociales du politique (ISP) Pôle Nanterre. Elle enseigne à l’Université Paris X Nanterre et à l’Institut d’études politiques de Paris. Ses recherches portent sur les politiques de sortie de la violence, du point de vue notamment de la circulation internationale des modèles de résolution de conflit.
Parmi ses publications :
— Après le conflit, la réconciliation ? (dir.), Paris, M. Houdiard, 2006 ; — « Pacifier, scientifiquement. Les ONG spécialisées dans la résolution des conflits », in M. Le Pape, J. Siméant, C. Vidal (dir.), Face aux crises extrêmes, Paris, La Découverte, 2006 ; — Politiques du pardon, Paris, PUF, 2002.
La « justice restauratrice » incarne pour ses promoteurs une « troisième voie » pénale – entre rétribution et réhabilitation – informelle et déprofessionnalisée. Or le mot est capté pour des causes très diverses : celles de « la victime », mais aussi du délinquant, de la communauté, etc. ; celles de leurs défenseurs aussi : la survie de dénominations protestantes anabaptistes, la critique criminologique, la pérennisation de professions para-judiciaires... En analysant la justice restauratrice comme un « mouvement » articulant des mobilisations situées dans des espaces sociaux éloignés les uns des autres, on peut aussi peser l’affadissement de l’ambition réformatrice d’un « mouvement social radical ».
Justice informelle, Justice pénale, Justice réparatrice, Justice restauratrice, Mobilisations, Réforme pénale, Victime.
The Movement for Restorative Justice : « An Idea Whose Time Has Come »
For its supporters, restorative justice is a less formal and professional “third way” in criminal matters, between retribution and rehabilitation. The banner is waved on behalf of very diverse causes : in the interest of the victim, the offender, the community, etc. It is also waved on behalf of their advocates, too, when it contributes to the survival of an Anabaptist denomination, to a critical criminology, or to the preservation of paralegal professions. This article analyzes restorative justice as a “movement” that links mobilizations located in different social spaces, thus showing the impoverishment of the reforming ambition of a “radical social movement”.Criminal justice, Criminal reform, Informal justice, Restorative justice, Social movements, Victim.