Déviance et Société | 573-591

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Le développement des quartiers sécurisés et la peur de la délinquance : le cas de Budapest

Zoltán Cséfalvay

School of City and Regional Planning Cardiff University King Edward VII Avenue UK – Cardiff CF10 3WA Andrássy Gyula Deutschsprachige Universität Budapest Pollack Mihaly ter 3 H-1088 Budapest CsefalvayZ@cardiff.ac.uk, zoltan.csefalvay@andrassyuni.hu

Résumé

Depuis que dans le monde entier des millions de personnes vivent dans des zones résidentielles gardées, avec un accès restreint au public, le développement de ces quartierssécurisés ne peut plus être attribué uniquement à des événements accidentels ou déviants.Inspiré par une discussion théorique au sujet de la nouvelle ségrégation, cet article tentede découvrir les forces qui impulsent le développement des enclaves fermées de Budapest,ville dans laquelle, entre 2002 et 2007, soixante­dix parcs résidentiels ont été construits,totalisant presque 14 000 logements. L’article montre que malgré les grandes différences entre riches et pauvres et la vaste implantation d’espaces défendables et défendus, lamontée des quartiers sécurisés est principalement due à la fuite des quartiers délabréspar la classe moyenne supérieure et à sa volonté de montrer ostensiblement son prestige,plutôt qu’à la peur de la délinquance. Les quartiers sécurisés à Budapest sont donc devenus une manifestation de la révolte de la classe moyenne supérieure contre le gouvernement local, incapable de lui procurer des biens publics tels qu’un environnement vert, sûret prestigieux.

Mots-clés

Budapest, prévention de la délinquance, quartiers sécurisés, nouvelle ségrégation



In the world in general, millions of people live in guarded communities, with accessbarred to the public. However, the development of these kinds of communities cannotsolely be attributed to accidental or deviant factors. Inspired by theoretical discussion onthe ‘new segregation’, this article tries to understand the forces which are propelling thisdevelopment in Budapest, a town in which, between 2002 and 2007, some 70 residentialsegregated areas have been built, totalling around 14,000 dwellings. The article showsthat, despite large differences between richer and poorer people and the considerable insertion of such defensible and defended spaces, the increase in guarded communities is primarily due to flight from areas by the upper middle class and their wish to show off theirprestige, rather than being due to fear of crime. The rise in guarded neighbourhoods hashence become a manifestation of the upper middle class against local government, which itsees as incapable of providing it with the public goods it desires, such as a green, safe andprestigious area in which to live.



PLAN DE L'ARTICLE