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Education et didactique | 6-6 Distribution électronique Cairn pour les éditions Presses universitaires de Rennes. © Presses universitaires de Rennes. Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit. |
Online Tutoring in the Calculus
Carla van de Sande
University of Pittsburgh
Gaea Leinhard
University of Pittsburgh
Dans de nombreux pays, des élèves et des étudiants participent à des forums ouverts (c’est-à-dire d’accès libre et gratuit) offrant un tutorat en ligne pour leur travail personnel. Il n’y a eu cependant jusqu’à présent aucune recherche spécifique sur les phénomènes d’apprentissage liés à ce dispositif. Les forums peuvent avoir différentes structures selon les personnes susceptibles d’apporter une réponse (tuteurs) et l’organisation de la modération (publication des questions et des réponses). Dans les sites d’aide spontanée en ligne (SOH), tous les participants peuvent répondre à une question posée ; alors que dans les sites d’aide organisée en ligne (AOH), seuls certains participants sélectionnés peuvent le faire. Dans cet article, nous nous basons notre étude sur trois sites d’aide (deux aux Etats-Unis, un en France), à propos d’un même thème mathématique : l’analyse. Le choix de ces sites reflète les différentes structures possibles. Nous avons recueilli et analysé 100 échanges de tutorat de chaque site, à propos du délicat concept de limite. Nos objectifs étaient de rechercher des caractéristiques de participation, de qualité mathématique et pédagogique, et de comprendre dans quels sens les participants à ces forums peuvent être considérés comme participants à des communautés. Nous avons développé dans cet objectif des outils de mesure de la complexité et de la qualité des échanges, et relevé plusieurs types de caractéristiques permettant de considérer des groupes de participants comme des communautés en ligne. Nous avons remarqué que les sites de type AOH favorisent les échanges brefs à l’intérieur d’un binôme élève-tuteur (complexité faible), alors que les sites SOH (particulièrement ceux qui publient les questions et les réponses dans des délais brefs) encouragent des échanges longs impliquant de multiples participants (complexité élevée). La différence entre le type des sites est plus importante que des différences de nationalité. Il semble également que la qualité et la complexité soient positivement corrélées. Les échanges impliquant peu de participants, avec peu de contributions (faible complexité) montrent souvent peu d’élaboration mathématique et pédagogique (qualité faible). Sur les sites SOH, les membres paraissent développer un plus fort sentiment communautaire : ils réfèrent les uns aux autres par leur nom, collaborent mathématiquement, critiquent et corrigent les fautes, les erreurs les uns des autres. L’un des résultats particulièrement intéressants que nous avons pu observer est que sur les sites SOH, les tuteurs adoptent également une position d’apprenant.
Cette recherche fait partie d’un effort en cours pour comprendre l’impact que le tutorat ouvert en ligne a sur les élèves et les tuteurs et explorer son potentiel pour l’instruction et l’apprentissage.