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Mil neuf cent 2007- 1 (n° 25)| ISSN 1146-1225 | ISSN numérique : en cours | ISBN : | page 213 à 228 Distribution électronique Cairn pour les éditions La Société d’études soréliennes. © La Société d’études soréliennes. Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit. |
La fabrication d’une nouvelle humanité classique par l’image
Les vorticistes et le pessimisme sorélien
David Monteau
RESUME — De la pensée de Georges Sorel, les artistes anglais du vorticisme et leur ami T.E. Hulme retiennent la vision pessimiste d’une humanité fondamentalement limitée. L’illusion d’un progrès infini de l’homme par l’exercice de ses facultés rationnelles est pour eux le trait caractéristique de ce qu’ils nomment « romantisme » et résume la décadence de l’époque. Dès lors, il convient de fabriquer, par la puissance de l’image, une sensibilité et un mode de pensée qui formeront un classicisme nouveau. Le programme du vorticisme et donc l’effet escompté de sa peinture sont l’avènement dans le présent d’une humanité violente, dure et avide d’ordre.
De la pensée de Georges Sorel, les artistes anglais du vorticisme et leur ami T.E. Hulme retiennent la vision pessimiste d’une humanité fondamentalement limitée. L’illusion d’un progrès infini de l’homme par l’exercice de ses facultés rationnelles est pour eux le trait caractéristique de ce qu’ils nomment « romantisme » et résume la décadence de l’époque. Dès lors, il convient de fabriquer, par la puissance de l’image, une sensibilité et un mode de pensée qui formeront un classicisme nouveau. Le programme du vorticisme et donc l’effet escompté de sa peinture sont l’avènement dans le présent d’une humanité violente, dure et avide d’ordre.
ABSTRACT — From the thought of Georges Sorel, the English vorticist artists and their friend T.E. Hulme derived an essentially pessimistic vision of a fundamentally limited humanity. The illusion of the infinite progress of man through his rational faculties was central to what they called “romanticism” as a name for the decay of their era. In reaction, thet called for the making, through the power of images, of a sensibility and a way of thinking that would define a new classicism: the programme of Vorticism and the anticipated effect of its paintings, was intended to be the coming into the present of a violent, hard, and order-loving humanity.
From the thought of Georges Sorel, the English vorticist artists and their friend T.E. Hulme derived an essentially pessimistic vision of a fundamentally limited humanity. The illusion of the infinite progress of man through his rational faculties was central to what they called “romanticism” as a name for the decay of their era. In reaction, thet called for the making, through the power of images, of a sensibility and a way of thinking that would define a new classicism: the programme of Vorticism and the anticipated effect of its paintings, was intended to be the coming into the present of a violent, hard, and order-loving humanity.