Politix | 149-179

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Meetings de fin de campagne au Mexique et ethnographie des milieux partisans

Hélène Combes

Hélène Combes est chargée de recherche CNRS rattachée au Centre de recherches politiques de la Sorbonne (CRPS), Université Paris 1. Dans le cadre de sa thèse, elle a travaillé sur les relations entre partis et mouvements sociaux au Mexique (De la politique contestataire à la fabrique partisane : le cas du Parti de la révolution démocratique au Mexique (1989-2000) (à paraître chez Karthala en 2009)). Elle coordonne actuellement un projet collectif sur l’action manifestante à Mexico dans le cadre du projet ANR-Palapa. Par ailleurs, elle co-anime le Groupe d’études sur les organisations et partis politiques (GEOPP) de l’Association française de science politique (www.geopp.org)
hcombes@univ-paris1.fr

Résumé

Les meetings donnent à voir comment les partis inscrivent leurs identités partisanes dans l’espace urbain, mais également comment cette inscription dans l’espace urbain est, en retour, productrice d’identité(s) partisane(s). L’analyse ethnographique, combinée à la réalisation d’entretiens et d’une enquête par questionnaires, a permis de comprendre de plus près les reconfigurations du militantisme et des milieux partisans des trois principaux partis du Mexique : l’affirmation des appareils locaux (« la structure territoriale ») face aux structures corporatistes dans le cas du PRI ; l’émergence d’entrepreneurs de mobilisation indépendants dans le cas du PAN (et ce malgré la force de l’appareil du parti) ; la diversité de l’encadrement militant et le lien lâche au label partisan dans le cas du PRD. Ce travail a aussi mis en relief les variations des ethos et des sociabilités militantes en fonction des partis, ainsi que l’importance variable de la famille ou des réseaux affinitaires. Enfin, il permet de mieux comprendre comment la mobilisation partisane repose aussi sur l’existence d’une « économie morale » : un ensemble spécifique d’appréciations normatives, par nature ambivalentes, concernant le rapport au parti et à ses ressources.



In order to study political rallies, it is first of all necessary to understand how parties are part of the evolving identities of urban spaces, and how belonging in specific ways to urban spaces in turn produces party allegiances and identities. Meetings are, furthermore, privileged observation points of the “partisan milieu” and of its constitutive ethos. Ethnographic analysis, combined with interviews, indeed allows a better understanding of the ongoing transformation of party militancy in Mexico: the rise of local organizations (the “territorial structure”) caught in a competitive relationship with corporatist structures in the case of PRI ; the emergence of independent entrepreneurs of mobilization in the case of PAN in spite of the strength of its party apparatus ; the diversity of militant networks and their loose relationship to the party label in the case of PRD. This study also highlights the variations of militant sociability with regards to parties, as well as the variable importance of family-based or affinity-driven networks of sociability. Lastly, this study of rallies was also the occasion to put under close scrutiny the “moral economy” of mobilization, hence to devote special attention to the ambivalent beliefs and values that people invest in so-called “clientelistic relationships” with local party leaders.

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