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Politix | 7-15 Distribution électronique Cairn pour les éditions De Boeck Université. © De Boeck Université. Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit. |
Approches générationnelles du politique
Marie Cartier
Marie Cartier est maître de conférences en sociologie à l’université de Nantes et membre de l’Institut Universitaire de France. Elle mène des recherches en sociologie du travail et des groupes sociaux au sein du Centre Nantais de Sociologie (CENS). Ayant utilisé l’approche générationnelle dans le cadre d’une socio-histoire des petits fonctionnaires (Les facteurs et leurs tournées. Un service public au quotidien, La Découverte, 2003 et « La petite fonction publique, un monde stable et séparé ? L’exemple des facteurs des PTT des Trente glorieuses », Sociétés contemporaines, n˚ 58, 2005), elle s’intéresse à présent aux conditions de travail et au positionnement social des salariées de la petite enfance. marie.cartier@univ-nantes.fr
Alexis Spire
Alexis Spire est directeur de recherche au CNRS, affecté au Centre d’études et de recherches administratives, politiques et sociales (CERAPS) et enseigne à l’Université de Lille 2. Spécialiste de la mise en œuvre des politiques d’immigration, ses recherches récentes portent sur les transformations de l’État, de ses agents et de leur mission. Il a récemment publié un article sur les générations d’enseignants (« Les effets politiques des transformations du corps enseignant », Revue française de pédagogie, 170, 2010) et sur un tout autre sujet, avec Nicolas Delalande, une Histoire sociale de l’impôt (Paris, La Découverte, 2010). alexis.spire@gmail.com
L’enjeu de ce dossier est de revisiter ce lieu commun de la science politique qu’est la notion de génération, pour l’enrichir des avancées récentes des autres sciences sociales. Il s’appuie sur une définition sociologique de la notion de génération inspirée de Karl Mannheim. Pour qu’une génération au sens démographique de cohortes d’âge proches, forme une génération au sens sociologique, il faut non seulement une participation aux mêmes événements et aux mêmes expériences dans les années de formation, mais surtout que celle-ci intervienne dans un « même cadre de vie historico-culturel ». En partant des institutions politiques concrètes et de leurs cohortes plutôt que des événements repérés comme tels par les médias ou les discours dominants, ce dossier explore la socialisation générationnelle de populations parfois peu visibles. Il invite à étudier derrière les prétendus « conflits de génération » le travail proprement politique (de représentation, d’unification, de mobilisation) qui façonne les appartenances et les différends générationnels.
The aim of this volume is to explore again the notion of generation, which is of very common use in political sciences. It relies on a sociological definition inspired by K. Mannheim. According to him, age cohorts don’t always form a sociological generation. It requires not only people linked with the same events and the same experiences during the youth, but also that these experiences take place in the same historical and social background. Parting from the political institutions rather than from the events labelled as “political” in the media and in the dominant discourse, this volume puts under scrutiny the generational socialization of some population not very visible. It invites us to study, behind the so-called “generation conflict”, the political work of representing and mobilizing different generational groups.