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Revue du Mauss 2008- 1 (n° 31)| ISSN 1247-4819 | ISSN numérique : en cours | ISBN : 978-2-7071-5491-0 | page 137 à 154 Distribution électronique Cairn pour les éditions Éditions La Découverte. © Éditions La Découverte. Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit. |
Du socialisme comme utilitarisme sympathique
Eugène Fournière
RESUME — Comme le socialiste français Eugène Fournière le démontre ici, le socialisme
a forgé une morale bien singulière. Prenant sa source dans le sensualisme et
le matérialisme des Lumières, elle a en quelque sorte renversé l’utilitarisme
classique pour dessiner les contours d’un « utilitarisme sympathique », articulant d’une façon originale intérêt et désintéressement, liberté individuelle
et solidarité sociale. Fournière en fait la démonstration en rappelant toute
la richesse et les subtilités de la morale de Saint-Simon, Leroux, Fourier
et Proudhon. Jusqu’à suggérer que l’idéalisme moral propre au socialisme
doit conduire à cette morale sans obligation ni sanction chère à Jean-Marie
Guyau.
ABSTRACT —
In this paper the French socialist Eugène Fournière studies the very original
moral theory of the first French socialists, from Saint-Simon to Proudhon. Its
main sources are the sensualism, utilitarianism and materialism it inherited
from the French Revolution. However Fournière suggests to interpret it as a
kind of « sympathetic utilitarianism », proposing to reverse classical utilitarism in order to articulate self-love and love for others, individual freedom
and social solidarity. By the way this socialist moral idealism seems to be
very close to Jean-Marie Guyau’s « morale sans obligation ni sanction ».