Revue du Mauss 2008- 1 (n° 31)| ISSN 1247-4819 | ISSN numérique : en cours | ISBN : 978-2-7071-5491-0 | page 348 à 352

Distribution électronique Cairn pour les éditions Éditions La Découverte. © Éditions La Découverte. Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit.

Hostilité et sympathie
Analyse d’un conte bouddhique

Mark R. anspach


RESUME — Comment sortir de la vengeance ? Les actions des uns tendent toujours à se propager aux autres par une sorte de contagion sympathique. En tuant, on fait naître le désir de tuer ; en pardonnant, on fait naître le désir de pardonner ; en donnant, on fait naître le désir de donner. Celui qui pardonne doit renoncer à faire ce qu’a fait l’autre, mais il peut bien espérer que l’autre fera ce que fait lui. Lorsque le héros du conte analysé ici laisse la vie à l’homme qui a fait tuer ses parents, ce dernier s’engage à lui laisser la vie à son tour. Ainsi, le renoncement à la vengeance se présente comme un don, le pardon s’inscrit d’emblée dans un cadre de réciprocité positive.

ABSTRACT — How is it possible to transcend vengeance ? Actions of any kind tend to spread from one person to the next through a sort of sympathetic contagion. By killing, one spawns the desire to kill ; by forgiving, one spawns the desire to forgive ; by giving, one spawns the desire to give. The person who forgives must refrain from doing what the other person did, but he can hope that the other person will do what he does. When the hero of the tale analyzed here allows his parents’ killer to live, the latter pledges in turn to let him live. Thus, the renunciation of vengeance presents itself as a gift ; forgiveness is immediately situated within a framework of positive reciprocity.