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Revue du Mauss 2008- 1 (n° 31)| ISSN 1247-4819 | ISSN numérique : en cours | ISBN : 978-2-7071-5491-0 | page 435 à 465 Distribution électronique Cairn pour les éditions Éditions La Découverte. © Éditions La Découverte. Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit. |
La vie est sans pourquoi
Redécouverte de la question téléologique
Jacques Dewitte
RESUME — À travers l’examen de quatre auteurs de langue allemande (R. Spaemann,
H. Jonas, Th. von Uexküll, A. Portmann), il est montré que la question
de la finalité, bannie par une bonne partie de la pensée moderne et par la
science biologique, doit être prise en considération et réhabilitée si l’on veut
rendre justice au phénomène de la vie. Pourtant, introduire de la sorte un
point de vue téléologique n’implique en soi aucune réduction à une finalité
rationnelle et utilitaire. En dernière instance, « la vie est sans pourquoi »,
mais, pour le comprendre, il faut s’interroger sur les fins immanentes qu’elle
poursuit, en constatant alors que l’autoconservation, la simple survie, n’est
nullement sa raison d’être ultime.
ABSTRACT —
Through the discussion of four german-writing authors (R. Spaemann,
H. Jonas, Th. von Uexküll, A. Portmann), it is shown that the question of
finality – though it is banished by the great part of modern thought and
biological science – must be rehabilitated if we want to think correctly
about the phenomenon of life. But this reintroduction of finality implies
no reduction to rational or utilitarian finality. In the last analysis, « life
is without why », and self-conservation, mere survival, is in no way the
ultimate reason of life.