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Revue du Mauss 2008- 1 (n° 31)| ISSN 1247-4819 | ISSN numérique : en cours | ISBN : 978-2-7071-5491-0 | page 510 à 524 Distribution électronique Cairn pour les éditions Éditions La Découverte. © Éditions La Découverte. Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit. |
De quoi le libéralisme est-il le nom ?
Jean-Claude Michéa
RESUME — Avec cet article, l’auteur prolonge et clarifie quelques-uns des points essentiels
de son dernier ouvrage, L’Empire du moindre mal. Il rappelle notamment
combien la conception pessimiste de la nature humaine au fondement du
libéralisme l’a conduit à plaider pour une morale neutre en valeurs et pauvre en
vertus. Et c’est là peut-être l’une des raisons pour laquelle la politique libérale
se réduit à cette quête de procédures et de principes objectifs, indépendants
des motivations, bonnes ou mauvaises, des hommes. Et l’une des raisons
également de l’émergence de cet empire moderne du droit et du marché qui
tend aujourd’hui à régner sur nos sociétés contemporaines.
ABSTRACT —
In this paper, the author clarifies some of the main points of his recent book,
L’Empire du moindre mal. As liberalism was historically founded on a negative and pessimistic anthropology, its morality needed to be virtue- and
value-free. Isn’t it the reason why liberal politics is reduced to the quest for
objective procedures and principles independent of good or bad human motivations ? And one the main cause of the modern empire of law and market
which tends to reign in our contemporary societies ?