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Revue du Mauss 2008- 1 (n° 31)| ISSN 1247-4819 | ISSN numérique : en cours | ISBN : 978-2-7071-5491-0 | page 525 à 544 Distribution électronique Cairn pour les éditions Éditions La Découverte. © Éditions La Découverte. Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit. |
Les médiévistes et le don
Avant et après la théorie maussienne
Eliana Magnani
RESUME — Les médiévistes, mais aussi les anthropologues et les sociologues, ont oublié
que les notions de don/contre-don ou de don-échange (Gegengabe, Widergabe,
Gebentausch) utilisées par Marcel Mauss dans le célèbre « Essai sur le don »,
et inlassablement reprises depuis les années 1980 par la médiévistique, ont
été forgées depuis le milieu du XIXe siècle par les historiens du droit ou de
la langue germaniques du haut Moyen Âge (Jacob Grimm, Karl von Amira,
Richard M. Meyer...), et cela dans un contexte de critique du capitalisme.
L’historicisation des concepts semble ainsi un préalable indispensable à un
usage raisonné des théories en sciences sociales.
ABSTRACT —
The medievalists, as well the anthropologists and the sociologists, have forgotten that « gift/counter-gift » or « gift-exchange » (Gegengabe, Widergabe,
Gebentausch), concepts used by Marcel Mauss in his classical « Essai sur
le don », have been forged at the nineteenth century by the historians of
the medieval German law and language (Jacob Grimm, Karl von Amira,
Richard M. Meyer...), in a context of criticism against the capitalism. Thus,
the concepts historicity seems essential to a reasoned use of theory in social
sciences.