Revue de l’OFCE | 247-279

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La multiplication de la rigueur

The multiplication of austerity

Résumé

En 2011, l’ensemble des pays développés a mis en œuvre des plans d’austérité budgétaire pour réduire les déficits publics et limiter l’accroissement du taux d’endettement. Indépendamment des mesures adoptées, le respect des engagements pris par les autorités nationales est étroitement lié au contexte économique. Vouloir réduire les déficits alors que la reprise de l’activité est fragile pourrait s’avérer douloureux.
D’après la littérature, une politique budgétaire a un impact d’autant plus fort sur l’activité que la politique monétaire et le taux de change ne peuvent pas jouer leur rôle d’amortisseur et que l’écart entre la production effective et la production potentielle est négatif. Malgré la baisse de la croissance potentielle pendant la crise, les écarts de production sont toujours largement négatifs, indépendamment de la méthodologie utilisée.
À l’effet restrictif de la politique budgétaire nationale, s’ajoute l’impact de l’austérité chez les partenaires commerciaux. Sous des hypothèses de multiplicateurs nationaux compris entre 0,6 et 0,9 point, le multiplicateur total est compris entre 0,8 et 1,3 point une fois la restriction des partenaires prise en compte. De ce fait, la plupart des pays européens ne pourront pas respecter leur engagement de réduction du déficit car le coup de frein sur la croissance limitera l’amélioration attendue. Pour que les gouvernements atteignent coûte que coûte leur objectif, ils devraient durcir une politique budgétaire déjà pro-cyclique, au risque de faire basculer leur économie dans la récession. Or, si des mesures de restriction supplémentaires peuvent se justifier à moyen terme pour réduire le ratio dette publique/PIB, à court terme ce n’est pas le cas : avec les impulsions prévues, la plupart des pays de la zone euro devraient stabiliser ce ratio au plus tard en 2013. Hors effet conjoncturel, la dette publique est donc soutenable dans la zone euro.



In 2011, developed countries have implemented budget cuts to reduce public deficits and control the increase in their debt-to-GDP ratio. However, trying to reduce deficits while growth has not resumed may prove painful. The literature suggests that the impact of fiscal policy on growth is maximal when: the output gap is negative and monetary and exchange rate policies are ineffective. Moreover, when homogeneous fiscal policies are implemented simultaneously in neighbouring countries, their impact on growth adds to the effect of the national policy. The paper develops three points: the output gap level today, the measure of the impact of budget cuts on growth in developed countries according to various scenarii, our medium-term projections for public debt.
JEL Classification: E32, E61, H68.

Keywords

fiscal policies, output gap, public debt, medium term outlook

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