Movement & Sport Sciences | 33-37

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La pratique dans les centres de remise en forme : des interactions normalisatrices entre les pratiquantes

Sébastien Haissat

Laboratoire « Culture, Sport, Santé et Société», Université de Franche-Comté, France

Yves Travaillot

LACES, EA 4140, IUFM d’Aquitaine, Université Bordeaux IV, France

Résumé

Cet article se propose de réagir aux arguments développés par Audrey Ernst et Charles Pigeassou (2005) dans cette même revue. Selon ces auteurs, les centres de remise en forme sont des lieux de pratique physique où s’établissent des « relations sans contraintes » : chacun se concentre sur sa pratique et ne se préoccupe pas des autres. À la lumière de la présente étude, qui repose sur une analyse du discours tenu par des adeptes de ces salles lors d’entretiens compréhensifs, ce constat mérite d’être relativisé: si les interactions sociales sont le plus souvent non verbales, elles sont malgré tout bien réelles. En effet, un certain nombre de pratiquantes estime être l’objet de jugements discriminants à propos de leur apparence physique. Se sentant disqualifiées et discréditées, elles ont dès lors la sensation de subir une situation de « stigmatisation » (Goffman, Stigmate, les usages sociaux des handicaps, Éditions de Minuit 1975) et vivent très mal cette relation à autrui marquée par de puissants codes normés implicites. Stigmate, les usages sociaux des handicaps

Mots-clés

remise en forme, apparence physique, stigmatisation, espace de pratique, sociologie



Practice in fitness centers: normalizing interactions between female members

This article proposes to react to the arguments developed by Audrey Ernst and Charles Pigeassou (2005) in this same review. According to these authors, the centers of fitness are places of physical practice where “relations without constraints are established ”: each one concentrates on its practice and is not worried others. In the light of the present study, which rests on an analysis of the speech held by followers of these rooms at the time of understanding talks, this report deserves to be relativized: if the social interactions are generally nonverbal, they are despite everything quite real. Indeed, a certain number of practising estimates to be the object of discriminating judgements in connection with their physical appearance. Feeling disqualified and discredited, they have consequently the feeling to undergo a situation of “stigmatization ” (Goffman, Stigmate, les usages sociaux des handicaps, Éditions de Minuit 1975) and very badly live this relation with others marked by powerful implicit normalized codes.

Keywords

fitness, physical appearance, stigmatization, space of practice, sociology

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