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La « Eisnerin » et les écrans démoniaques
Laurent Mannoni
Laurent Mannoni est directeur scientifique du patrimoine et directeur du conservatoire des techniques de la Cinémathèque française. Il a publié une quinzaine d’ouvrages sur l’archéologie et les débuts du cinéma, parmi lesquels : Le Grand Art de la lumière et de l’ombre (Nathan, 1994) ; Étienne-Jules Marey, la mémoire de l’œil (Mazzotta/ Cinémathèque française, 1999) ; avec Thierry Lefebvre et Jacques Malthête, Lettres d’Étienne-Jules Marey à Georges Demenÿ (AFRHC/Bifi, 2000) ; avec Georges Didi- Huberman, Mouvements de l’air, Étienne-Jules Marey photographe des fluides (Gallimard, 2004) ; Histoire de la Cinémathèque française (Gallimard, 2006) ; avec Jacques 300 Malthête, L’OEuvre de Georges Méliès (Éditions de la Martinière, 2008) ; avec Donata Pesenti Campagnoni, Lanterne magique et film peint (Éditions de la Martinière, 2009) ; avec Isabelle Champion, Tournages, Paris-Berlin-Hollywood, 1910-1939 (Le Passage/La Cinémathèque française, 2010). Il a réalisé une dizaine d’expositions sur ces différents sujets, dont une sur le cinéma expressionniste allemand.
J’ai eu la chance, adolescent, de connaître Lotte H. Eisner, historienne du cinéma, conservatrice du musée de la Cinémathèque française, collaboratrice d’Henri Langlois depuis 1938. Elle fut mon mentor, elle m’orienta vers les études archéologiques du cinéma alors peu défrichées, elle me guida vers une cinéphilie ouverte mais exigeante. Elle était pour moi un personnage magique,...