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Le Temps des Médias 2004- 2 (n° 3)| ISSN 1764-2507 | ISSN numérique : en cours | ISBN : 2-84736-085-9 | page 026 à 038 Distribution électronique Cairn pour les éditions Nouveau monde. © Nouveau monde. Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit. |
Figures de lecteurs, poses de lecture dans la littérature du xixe siècle
Anne-Claude Ambroise-Rendu
RESUME — La littérature offre un catalogue de postures et de figures de lecteurs qui fournit une typologie utile des représentations de la lecture de la presse forgée par les romanciers. Autonomes et construites, ces représentations nous en apprennent néanmoins autant sur la place qu’occupe le journal dans la société bourgeoise que bien d’autres investigations. Quand Stendhal nous montre des lecteurs d’une presse politique, Flaubert insiste, lui, sur le caractère utilitaire de la lecture de la presse provinciale mais aussi sur le partage entre hommes et femmes, partage également repéré par Balzac, tandis que Jules Verne déploie pour son lecteur tous les mécanismes de la modernité médiatique. Mais tous ou presque s’accordent à considérer que le journal entré dans les habitudes quotidiennes est devenu un moyen de distraction autant que d’information.
La littérature offre un catalogue de postures et de figures de lecteurs qui fournit une typologie utile des représentations de la lecture de la presse forgée par les romanciers. Autonomes et construites, ces représentations nous en apprennent néanmoins autant sur la place qu’occupe le journal dans la société bourgeoise que bien d’autres investigations. Quand Stendhal nous montre des lecteurs d’une presse politique, Flaubert insiste, lui, sur le caractère utilitaire de la lecture de la presse provinciale mais aussi sur le partage entre hommes et femmes, partage également repéré par Balzac, tandis que Jules Verne déploie pour son lecteur tous les mécanismes de la modernité médiatique. Mais tous ou presque s’accordent à considérer que le journal entré dans les habitudes quotidiennes est devenu un moyen de distraction autant que d’information.
ABSTRACT — Novelists of the past provide a range of descriptions of the attitudes and habits of readers of the press. They have much to tell us about the status of the newspaper in bourgeois society. Cases in point include Stendhal on the readership of political papers; Flaubert on both the self-interested motives of readers of the provincial pres and on the different attitudes of men and women readers — a point also taken up by Balzac — and Jules Verne on how the media of his time operated. Nearly all of them considered that the newspaper had become an everyday habit and a form of entertainment as well as of news and comment.
Novelists of the past provide a range of descriptions of the attitudes and habits of readers of the press. They have much to tell us about the status of the newspaper in bourgeois society. Cases in point include Stendhal on the readership of political papers; Flaubert on both the self-interested motives of readers of the provincial pres and on the different attitudes of men and women readers — a point also taken up by Balzac — and Jules Verne on how the media of his time operated. Nearly all of them considered that the newspaper had become an everyday habit and a form of entertainment as well as of news and comment.