Le Temps des Médias 2004- 2 (n° 3)| ISSN 1764-2507 | ISSN numérique : en cours | ISBN : 2-84736-085-9 | page 095 à 107

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De l’audience au public des médias : le courrier des causeries du président Roosevelt

David Michael Ryfe


RESUME — L’article utilise les causeries de Franklin D. Roosevelt pour montrer comment une audience devient un public. Il s’appuie sur un corpus de 380 lettres choisies au hasard parmi celles qui ont été écrites à propos des dix premières causeries, correspondant au premier mandat du président. L’article analyse la rhétorique radiophonique utilisée, qui s’adresse à chaque auditeur à la fois comme individu particulier et comme membre d’un public de masse. De ce fait, les auditeurs se sentent appartenir à un très large collectif et sont conduits à des différentes formes de sociabilité : conversations multiples avec leur famille, leurs amis, leurs voisins, etc., qui constituent des lieux de réflexivité collective.

L’article utilise les causeries de Franklin D. Roosevelt pour montrer comment une audience devient un public. Il s’appuie sur un corpus de 380 lettres choisies au hasard parmi celles qui ont été écrites à propos des dix premières causeries, correspondant au premier mandat du président. L’article analyse la rhétorique radiophonique utilisée, qui s’adresse à chaque auditeur à la fois comme individu particulier et comme membre d’un public de masse. De ce fait, les auditeurs se sentent appartenir à un très large collectif et sont conduits à des différentes formes de sociabilité : conversations multiples avec leur famille, leurs amis, leurs voisins, etc., qui constituent des lieux de réflexivité collective.

ABSTRACT — This essay investigates the process by which media audiences become media publics; it focuses on an analysis of responses to Franklin D. Roosevelt’s (FDR) fireside chats. Data includes 380 randomly selected letters written in response to the first ten chats delivered by FDR during his first term of office. We argue that FDR addressed listeners both as individuals and as members of a mass public. In response, listeners adopted a posture of both speaking for themselves and for a mass public. They felt they were part of a community — through conversations with family members, neighbors, and friends — through a process of on-going collective debate.

This essay investigates the process by which media audiences become media publics; it focuses on an analysis of responses to Franklin D. Roosevelt’s (FDR) fireside chats. Data includes 380 randomly selected letters written in response to the first ten chats delivered by FDR during his first term of office. We argue that FDR addressed listeners both as individuals and as members of a mass public. In response, listeners adopted a posture of both speaking for themselves and for a mass public. They felt they were part of a community — through conversations with family members, neighbors, and friends — through a process of on-going collective debate.