Le Temps des Médias 2005- 1 (n° 4)| ISSN 1764-2507 | ISSN numérique : en cours | ISBN : 2-84736-102-2 | page 090 à 100

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Ce qu’ont dit les murs de Fresnes

Carine Trévisan


RESUME — Examinant la guerre dans ses marges, soucieux du sort des prisonniers, Henri Calet entreprend en 1945 une enquête sur les graffiti que, dans l’attente d’être jugés, déportés ou exécutés, les résistants ont laissés sur les murs des cellules de la prison de Fresnes. Les résultats de cette enquête sont successivement publiés dans Combat, France-Soir, Hommes et Monde, Évidences. Ce travail sur les traces sensibles mais fragiles d’expériences et d’événements qui furent dérobés aux regards de tiers vise à la fois à lutter contre le déni, par les tortionnaires, des crimes qu’ils ont commis et contre l’érosion trop rapide de la mémoire.

Examinant la guerre dans ses marges, soucieux du sort des prisonniers, Henri Calet entreprend en 1945 une enquête sur les graffiti que, dans l’attente d’être jugés, déportés ou exécutés, les résistants ont laissés sur les murs des cellules de la prison de Fresnes. Les résultats de cette enquête sont successivement publiés dans Combat, France-Soir, Hommes et Monde, Évidences. Ce travail sur les traces sensibles mais fragiles d’expériences et d’événements qui furent dérobés aux regards de tiers vise à la fois à lutter contre le déni, par les tortionnaires, des crimes qu’ils ont commis et contre l’érosion trop rapide de la mémoire.

ABSTRACT — With a keen interest for the peripheral effects of war and concerned by the fate of its prisoners, Henri Calet undertook in 1945 to study the graffiti on the prison walls of Fresnes prison, last testament of the lives of resistance fighters that faced condemnation, deportation or execution. The results of his investigation have been published in Combat, France-Soir, Hommes et Monde, Evidences. His work on these fragile traces of lives that were concealed from the public eye stands as evidence against the continued denial by the guilty parties and fights against the erosion of collective memory.

With a keen interest for the peripheral effects of war and concerned by the fate of its prisoners, Henri Calet undertook in 1945 to study the graffiti on the prison walls of Fresnes prison, last testament of the lives of resistance fighters that faced condemnation, deportation or execution. The results of his investigation have been published in Combat, France-Soir, Hommes et Monde, Evidences. His work on these fragile traces of lives that were concealed from the public eye stands as evidence against the continued denial by the guilty parties and fights against the erosion of collective memory.