Le Temps des Médias 2005- 1 (n° 4)| ISSN 1764-2507 | ISSN numérique : en cours | ISBN : 2-84736-102-2 | page 101 à 113

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Les physiciens nucléaires américains en campagne
La médiatisation du péril atomique dans l’immédiat après-guerre aux États-Unis (1945-1946)

Michel Pinault


RESUME — Après Hiroshima, on assista à l’entrée sur la scène médiatique des atomistes américains. Alors qu’ils découvraient que la science était entrée dans l’« ère du soupçon », ils voulurent à la fois communiquer au grand public et aux hommes politiques les éléments d’une politique atomique susceptible d’apporter la paix, construire des organisations pérennes de scientifiques et obtenir une place au sein du pouvoir. Après quelques réussites, ce fut au bout d’un an un échec, comme en témoignent l’affaiblissement de leur mouvement, le peu de succès de leurs tentatives de mobilisation de l’opinion publique et finalement l’impasse de la négociation entamée à la commission de l’énergie atomique de l’ONU.

Après Hiroshima, on assista à l’entrée sur la scène médiatique des atomistes américains. Alors qu’ils découvraient que la science était entrée dans l’« ère du soupçon », ils voulurent à la fois communiquer au grand public et aux hommes politiques les éléments d’une politique atomique susceptible d’apporter la paix, construire des organisations pérennes de scientifiques et obtenir une place au sein du pouvoir. Après quelques réussites, ce fut au bout d’un an un échec, comme en témoignent l’affaiblissement de leur mouvement, le peu de succès de leurs tentatives de mobilisation de l’opinion publique et finalement l’impasse de la négociation entamée à la commission de l’énergie atomique de l’ONU.

ABSTRACT — In the aftermath of Hiroshima, American nuclear scientists won access to the mass media. Conscious that science had become part of the Cold War, they lobbied for a better-informed public and a peace policy for the US. They demanded, among other, the establishment of permanent international scientific organisations and a permanent representation for the scientific community near the head of government. Initially successful, the influence of their movement decreased, efforts at mobilising public opinion proved ineffective and negotiations at the UN’s Atomic Energy Commission reached an impasse.

In the aftermath of Hiroshima, American nuclear scientists won access to the mass media. Conscious that science had become part of the Cold War, they lobbied for a better-informed public and a peace policy for the US. They demanded, among other, the establishment of permanent international scientific organisations and a permanent representation for the scientific community near the head of government. Initially successful, the influence of their movement decreased, efforts at mobilising public opinion proved ineffective and negotiations at the UN’s Atomic Energy Commission reached an impasse.