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Le Temps des Médias 2007- 1 (n° 8)| ISSN 1764-2507 | ISSN numérique : en cours | ISBN : 2-84736-300-5 | page 034 à 045 Distribution électronique Cairn pour les éditions Nouveau Monde éditions. © Nouveau Monde éditions. Tous droits réservés pour tous pays. Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent article, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public sous quelque forme et de quelque manière que ce soit. |
La double vue. Sur le voyage en Égypte (1869) de Théophile Gautier
Sarga Moussa
RESUME — Cet article montre d’abord la dialectique paradoxale qui est à l’œuvre dans ces pages de Gautier sur l’Égypte (1870) où la peinture orientaliste sert à authentifier le regard du voyageur qui, de son côté, tend à esthétiser le paysage oriental. On examine ensuite le commentaire que fait Gautier du célèbre tableau de Marilhat, La Place de l’Esbekieh (1833), tableau qui lui sert à superposer deux visions du Caire, pour opposer l’image « réaliste » d’une capitale envahie par la modernité occidentale à celle, picturale, d’une ville encore proche de la nature. Ce faisant, Gautier délégitime la présence française en Égypte, alors même qu’en tant qu’invité, il est censé contribuer à célébrer le canal de Suez construit par F. de Lesseps.
Cet article montre d’abord la dialectique paradoxale qui est à l’œuvre dans ces pages de Gautier sur l’Égypte (1870) où la peinture orientaliste sert à authentifier le regard du voyageur qui, de son côté, tend à esthétiser le paysage oriental. On examine ensuite le commentaire que fait Gautier du célèbre tableau de Marilhat, La Place de l’Esbekieh (1833), tableau qui lui sert à superposer deux visions du Caire, pour opposer l’image « réaliste » d’une capitale envahie par la modernité occidentale à celle, picturale, d’une ville encore proche de la nature. Ce faisant, Gautier délégitime la présence française en Égypte, alors même qu’en tant qu’invité, il est censé contribuer à célébrer le canal de Suez construit par F. de Lesseps.
ABSTRACT — This article shows first the paradoxical dialectics (painting functions as authentification of the traveller’s sight, while the latter tends to estheticize [ ?] the oriental landscape) acting in the feuilletons that Gautier wrote en 1870 about his travel in Egypt. It then examines the commentary made by Gautier on the well-known picture La Place de l’Esbekieh(1833) by Marilhat: two visions of Cairo are opposed, the « realistic » one (a capital invaded by Western modernity) and the picturesque one (a city still close to nature). By doing so, Gautier questions the legitimacy of the French presence in Egypt, although he should, as a guest, contribute to celebrate the Suez Canal built by F. de Lesseps.
This article shows first the paradoxical dialectics (painting functions as authentification of the traveller’s sight, while the latter tends to estheticize [ ?] the oriental landscape) acting in the feuilletons that Gautier wrote en 1870 about his travel in Egypt. It then examines the commentary made by Gautier on the well-known picture La Place de l’Esbekieh(1833) by Marilhat: two visions of Cairo are opposed, the « realistic » one (a capital invaded by Western modernity) and the picturesque one (a city still close to nature). By doing so, Gautier questions the legitimacy of the French presence in Egypt, although he should, as a guest, contribute to celebrate the Suez Canal built by F. de Lesseps.