A contrario
Antipodes

I.S.B.N.294014639X
152 pages

p. 123 à 129
doi: en cours

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Notes de lecture

Vol. 1 2003/2

2003 A contrario Notes de lecture

La misère d’un monde lointain : Muriel Jolivet et la socio-analyse de l’homo japonicus  [*]

Giuseppe Merrone Anne Watanabe
Muriel Jolivet est peut-être, avec Philippe Pons [1], la chercheuse francophone qui donne le plus à voir de ce Japon au quotidien ; celui des salariés de la grande entreprise, des femmes refusant leur seul destin de mère, des marginaux rebelles ou des exclus de toutes sortes ; un Japon des crispations sociales et des déroutes intimes qui prospèrent à l’ombre des voûtes lézardées d’une puissance économique en crise. À l’occasion de la réédition de son dernier ouvrage en collection de poche et de sa publication en version japonaise, remaniée et complétée, nous présentons ici un travail qui n’a sans doute pas bénéficié de la médiatisation méritée lors de sa parution, il y a trois ans.
À première vue, l’Homo japonicus arrive comme un ouvrage de plus sur le Japon. Quelques pages lues suffisent néanmoins pour constater tout ce qui sépare la laborieuse narration universitaire, aussi honnête et documentée fût-elle, d’une recherche comme celle-ci, qui est la résultante d’une expérience au long cours, d’une lente maturation intellectuelle et morale, et pourquoi pas spirituelle. De fait, le travail proposé par Muriel Jolivet correspond à l’objectif délibéré de se démarquer de la sphère purement académique pour s’orienter vers la recherche appliquée et une analyse concrète de documents recueillis sur le terrain, de la bouche même des sujets étudiés. L’originalité de l’ouvrage vient donc de sa vraie difficulté : celle de donner la parole à ceux qui ne l’ont pas ou si peu. À ce silence, on pourrait attribuer comme premier motif une allégeance forte à un de ces clichés quasi universels : le bavardage étant une affaire de femme, l’homme doit savoir se taire. Mais, à y regarder de plus près, il s’agit peut-être et surtout d’individus dépossédés, étouffés de pesanteur sociale. L’homme semble en effet bien en peine de verbaliser autre chose qu’une opinion de groupe ; expression d’un consensus, réaffirmation de ses hiérarchies, de son harmonie et enfin de son unité [2]. La revendication d’une parole « libre », « authentique » ou « critique », tout ce qui en somme est considéré en Occident comme la quintessence autant existentielle qu’idéologique de la « réalisation de soi », risque de conduire dans le contexte nippon à des formes sociales d’auto-exclusion ; ce que montre fort bien Muriel Jolivet dans les pages de l’ouvrage consacrées à ceux qui ont choisi les voies, plutôt solitaires, de la résistance et de l’insoumission.
De son livre, Muriel Jolivet dit qu’il « donne tout son sens aux vingt-cinq années qu’[elle] a passées au Japon » (p. 24). Quittant Paris pour Tokyo dans les années 70, elle emporte comme bagage principal un diplôme de langues et civilisations chinoises et japonaises. Sur place, elle s’initie aux sciences sociales puis, dans le sillage de ses travaux les plus récents, à la psychologie ; elle rédige une thèse, qui sera son premier livre [3], et finira par devenir professeure titulaire de sociologie à la Sophia University de Tokyo. Cette brève esquisse biographique laisse deviner ce qui permet à notre auteure de tourner le dos aux tristes géométries argumentatives ; de développer suffisamment de finesse pour s’attaquer aux « non-dits » du Japon moderne et contemporain [4]. Grâce à la fois à son statut extérieur, à son « regard lointain » d’étrangère, mais surtout grâce à son extraordinaire connaissance du milieu, des nuances de son langage, de ses codes, cela lié à une particulière capacité d’empathie, Muriel Jolivet peut nous offrir ici l’analyse d’une soixantaine d’entretiens de plusieurs heures chacun où, pour la première fois sans doute, l’homo japonicus accepte de mettre à nu cet ego haïssable entre tous. Troublante, en vérité, cette annotation de l’auteure arguant du fait que, parmi tous ceux qu’elle a interviewés, « le seul homme qui se soit déclaré ‹ heureux › soit un SDF, qui dort bercé par le roulis des vagues de la Sumida » (p. 567).
Apparaît alors une série de tableaux, qui se complètent, s’éclairent, se nuancent l’un l’autre, dévoilant un homme toujours fortement ancré dans les structures relationnelles, idéologiques et institutionnelles qui ont été à la base du « miracle japonais » de l’après-guerre. Mais c’est là aussi un monde érodé par une décennie de crise économique et les désirs d’émancipation de toutes celles et ceux qui refusent de sacrifier au seul festin productif. Chose impensable il y a peu, l’homme adulte – la figure cardinale du salarié en particulier – se voit aujourd’hui précarisé sur son lieu de travail, contesté dans son autorité de père et considéré parfois comme plus proche du « meuble encombrant » que du mari :
« Il ressort de ce travail une remise en question fondamentale d’un mode de vie qui avait sa raison d’être après la guerre. Mus par le même désir de reconstruire le Japon, les Japonais trouvaient alors une identité dans leur travail, ainsi que l’occasion de se faire reconnaître. Il apparaît clairement que ce qui convenait alors ne fonctionne plus. Ce que les hommes de l’après-guerre ont fait avec enthousiasme n’a plus sa raison d’être dans le Japon contemporain ».
(p. 16)
L’objectif déclaré de l’ouvrage est ainsi de présenter, d’analyser la « douloureuse solitude de ces hommes » qui désormais « souhaiteraient des cadences de travail plus humaines, du temps pour réfléchir et d’être ‹ soi » (pp. 16 et 17) [5].
De cette patiente enquête qui dessine les contours d’une crise de l’identité masculine, on peut en tirer, entre autres conclusions, une qui tranche avec bien des idées reçues : ces hommes qui ont été les seuls artisans, et premiers bénéficiaires, du miracle économique [6] en sont maintenant les principales victimes. Dans cette société traditionnellement patriarcale, la place de l’homme, dominante, occupait tout l’espace public, alors que la femme, okusan (celle du fond), restait à la maison. Si le rapport actuel ressemble à s’y méprendre à l’ancien, la misère existentielle de l’un contraste avec le possible panache ou l’éventuelle sérénité de l’autre : « Dans ce pays, d’une femme on n’attend peut-être toujours rien, mais libre à elle de tirer parti de sa condition pour faire ce que bon lui semble » (p. 17). C’est là un constat qui nous livre une première considération théorique d’importance, car l’approche choisie par Muriel Jolivet nous fait voir autre chose qu’une approche centrée, par exemple, sur la mesure objective des inégalités entre hommes et femmes. Elle nous permet véritablement de capter la perception subjective des individus eu égard à leur propre sentiment de liberté ; de ce point de vue, et peut-être seulement de celui-ci, la position des femmes est plus enviable.
C’est le même regard qui jette une lumière nouvelle sur les thématiques « lourdes » du contexte social japonais : poids des conventions, conduites stéréotypées, groupisme, invites permanentes à la reptation, pis-aller technologiques. Ces éléments cessent, dans le travail de Muriel Jolivet, d’être les pierres angulaires de toute analyse. La sienne fait au contraire ressortir tout ce qui possiblement résiste à l’indifférenciation : l’individualité, la variété, voire l’originalité. Ce faisant, elle évite cette forme sommaire de cognitivisme qui ajuste et réduit les états mentaux des Japonais à certaines structures sociales dominantes, par exemple les conglomérats industriels et autres cartels [7]. Elle se garde également de chercher ce point délicieusement terrifiant où le groupisme bascule dans son contraire, l’atomisme ; là en somme où il devient possible de filer la métaphore apocalyptique, celle d’un monde où toute relation à l’autre n’est plus qu’une relation de violence, de compétitivité, d’inhibition, de frustration, comme cela apparaît clairement chez Murakami Ryû et d’autres romanciers contemporains [8]. Reste que cet accent mis sur l’individualité ou l’originalité pourra paraître tout de même suspect, tant il est vrai que nous avons l’habitude d’appréhender ces notions dans leurs dimensions socialement construites. L’intérêt particulier de cette focale vient pourtant de ce que, si le Japon joue idéologiquement et politiquement la carte de l’homogénéité ethnique et sociale, une perspective trop orientée par la recherche de déterminismes sociaux et de comportements partagés risque d’offrir comme seul résultat tangible un duplicata des catégories politiques et systèmes de valeurs dominants.
Les discussions précédentes font ressortir la pertinence des choix méthodologiques effectués par Muriel Jolivet, dont tous les agencements reposent en définitive sur l’entretien non directif ; c’est-à-dire un entretien sans questionnaire qui vise non pas à fournir des données interindividuelles forcément comparables, mais à cerner des individualités à travers l’auto-analyse. C’est là une méthode liée à une perspective théorique, la socio-analyse, qu’elle emprunte à l’ouvrage dirigé par Pierre Bourdieu, La misère du monde [9] : « Si Bourdieu précise que la socio-analyse suppose une transgression des règles ordinaires de la sociologie, c’est parce que l’enquêteur est appelé à intervenir, à prendre la parole, à suggérer des interprétations ou à faire violence à l’interrogé qu’il accule parfois par des questions à la limite de la discrétion, le but étant de déclencher en lui l’auto-analyse pour lui permettre de découvrir des choses qu’il ignorait ou préférait garder sous silence » (p. 18). Si toutefois son travail se démarque de celui de Bourdieu, c’est par le fait notable qu’elle a conduit seule sa recherche, et aussi par le fait qu’elle a été confrontée, par rapport à La misère du monde, à une étape supplémentaire de traduction. Par là même, a dominé pour elle le besoin de sauvegarder et faire passer du sens en français ; rendant nécessaire une sorte de raffinement dans l’écriture des propos entendus, et non la vaine, voire ridicule, tentative de restituer les différentes modalités du parler oral de Tokyo ou du Kansai, lieux où elle a mené ses entretiens.
Malgré ces quelques points de repère méthodologiques esquissés en introduction de l’ouvrage, le tout donne l’apparence d’un produit purement empirique. Il s’agirait là pourtant d’une grossière erreur de jugement, car le livre de Muriel Jolivet est chargé de contenus théoriques. Comme « l’air que l’on respire » la théorie y est « partout et nulle part » [10]. Une grande partie de la profondeur analytique passe dans le discours même de certains interviewés, en nous épargnant ainsi de fastidieuses dissertations sur les pères fondateurs de la sociologie ou autres problèmes de vénérable importance. Nombre d’interviewés se sont révélés capables de poser un diagnostic, une analyse ; de clarifier des enjeux politiques ou sociaux ; d’apporter des éléments de conceptualisation. Autour de ce genre d’entretiens, l’auteure en a profité pour porter à notre connaissance toute une littérature de spécialistes japonais, notamment en psychopathologie et autres domaines de la psychologie. Elle a également pris soin de recueillir le témoignage de personnages dont les propos rapportés ici peuvent être complétés par leurs contributions traduites ou écrites en langues occidentales, telles par exemple celle d’un ex-fonctionnaire du Ministère de la santé, Miyamoto Masao [11], ou celle d’un ancien kamikaze, Nagatsuka Ryûji [12]. Plus généralement, Homo japonicus prend place – sous une forme ample et articulée à de vastes segments de la société japonaise – à côté d’autres témoignages plus ponctuels mais recoupant des thématiques similaires [13].
Compte tenu de sa démarche, l’ouvrage n’a pas le caractère d’un travail rigoureusement organisé puisque des hommes de tous âges et milieux, ainsi que quelques femmes offrant des contrepoints décisifs, parlent librement des sujets qui les préoccupent. Muriel Jolivet distribue simplement ces entretiens, soigneusement commentés, à l’intérieur de quelques grandes thématiques qui en facilitent la lecture : le monde du travail, les rapports hommes/femmes, la paternité, les portraits de marginaux et les exclus du système. C’est à propos de cette dernière catégorie d’individus que s’exemplifie le mieux le rôle qu’elle s’attribue d’« écrivain public » : faire parler et faire entendre des voix qui autrement ne le seraient jamais. Dans ce monde du carton, du vinyle, de l’oubli, pas encore celui de la contestation, de l’insécurité urbaine, des grèves massives, mais déjà celui silencieux du désespoir et de la clochardisation, émergent néanmoins des figures solaires et une espèce de sagesse douce-amère. On est là confronté à des questions cruciales qui se posent aux chercheurs et chercheuses. Que serait en vérité dans de tels lieux une approche éminemment scientifique sans capacité d’empathie, d’acception de certaines préférences subjectives ? Comment éviter, à l’inverse, selon la formule bourdieusienne, « notre intérêt voyeuriste pour la vie privée » (p. 19) ? Il y a chez Muriel Jolivet une faculté singulière à assumer les contradictions et les tiraillements que ces questions supposent. En désignant comme un des axes de son travail la notion d’« exercice spirituel » (p. 565), elle semble nous indiquer discrètement ce qui pourrait fonder à ce titre une véritable éthique de la recherche ; une éthique qui ne serait pas uniquement faite de rigueur conceptuelle ou d’honnêteté intellectuelle, mais qui chercherait à réaliser, par l’oubli de soi qu’induit une longue présence sur le terrain de l’enquête, cette « conversion du regard » dont parle Pierre Bourdieu [14]. Il s’agit en fait d’une disposition à accueillir, à faire siens les problèmes de l’enquêté, une sorte d’« amour intellectuel » [15] (p. 565). Si Bourdieu cite à ce sujet Épictète et Marc Aurèle, nous pouvons élargir le propos à l’ensemble de la philosophie antique. Le souci des Anciens fut en effet de faire correspondre pensée et manière de vivre ; les exercices spirituels décrivant alors l’ensemble des pratiques intellectuelles ou non qui concourent à une cohérence de cet ordre, existentielle et pas seulement conceptuelle [16].
En somme, le livre de Muriel Jolivet présente un monde qui nous donne à réfléchir. Car si nous comprenons bien ses détresses, ses solitudes, ses souffrances, mais aussi ses espoirs acharnés, c’est que ce monde lointain, qui a prodigieusement gagné en bien-être, en abondance et en confort depuis la dernière guerre mais qui s’interroge aujourd’hui sur le sens du divin, de la liberté, de la relation à autrui ; ce monde-là est traversé d’enjeux qui nous sont pour le moins familiers. Il nous donne, souligne Pierre-Antoine Donnet dans la préface de l’ouvrage, « le recul nécessaire pour faire de l’extérieur une analyse qui finalement porte aussi bien sur nous-même » (p. 13).
Sur un pays enfin où la critique globale des observateurs pressés est une industrie de masse, la déconstruction des stéréotypes « japonisants » menée par Muriel Jolivet participe d’un positionnement antiraciste fort et documenté. La mécanique démontée ici est toujours la même : différencier à l’extrême ce groupe humain et homogénéiser les individus qui le composent. À ces visions de Japonais dressés à revêtir l’apparence incontestable de fourmis laborieuses, éduqués à travailler avec obstination jusqu’à ce que mort s’ensuive, on peut opposer, sur la base d’une recherche comme celle-ci, une vérité ontologique que nul mieux que Robert Antelme a su exprimer. Ne dit-il pas du bourreau, lequel pourrait tout aussi bien être une sorte de Minotaure social : « Il peut tuer un homme, mais il ne peut pas le changer en autre chose » [17]. â– 
 
NOTES
 
[*]Muriel Jolivet, Homo japonicus, Arles : Picquier, 2002 (1re édition 2000), 586 p.
[1]Philippe Pons, Misère et crime au Japon du XVIIe siècle à nos jours, Paris : Gallimard, 1999.
[2]La notion de consensus ne doit pas être comprise comme une variable purement culturelle. Elle impose au contraire de garder à l’esprit ce qu’elle doit à la trajectoire socio-historique de ce pays, aux formes instituées d’organisation et d’exercice du pouvoir, aux modes de production en vigueur, aux modalités de gestion des conflits. Pour une présentation éclairante de ces questions, voir Jean-Marie Bouissou (dir.), L’envers du consensus. Les conflits et leur gestion dans le Japon contemporain, Paris : Presses de Sciences Po, 1997.
[3]Muriel Jolivet, L’Université au service de l’économie japonaise, Paris : Economica, 1985.
[4]Outre l’Homo japonicus, on pense en particulier à Un pays en mal d’enfants (Paris : La Découverte, 1993) où elle dévoile les ressorts d’une crise du désir de maternité au Japon, mais également à l’étonnant « Derrière les représentations de l’infanticide ou Makabi Ema » (Bulletin of the Faculty of Foreign Studies, Tokyo : Sophia University, N° 37, 2002).
[5]D’après Takahashi Tôru, psychiatre interviewé par M. Jolivet, le shûjaku ou tendance à se polariser, à vouloir s’intégrer à tout prix, est la forme typique de dépression à la japonaise. De manière à demi-sérieuse, on pourrait se demander si l’augmentation soudaine de patients échouant à se réaliser sur le plan personnel, alors que tout les inviterait à le faire, ne serait pas la marque d’une véritable transmutation des valeurs au Japon. Pour nos sociétés, le fait semble déjà avéré. Voir : Alain Ehrenberg, La fatigue d’être soi. Dépression et société, Paris : Odile Jacob, 1998.
[6]Étant entendu que le fait d’être « seuls artisans » reposa sur une segmentation stricte de la division sociale du travail qui repousse encore aujourd’hui les femmes vers les emplois précaires et flexibles qu’elles n’occupent en principe qu’à certaines périodes de leur vie. Plus généralement, le cantonnement des femmes dans la sphère domestique fut une des conditions de possibilité du dévouement total des employés à leur entreprise, et donc de la constitution d’une aristocratie salariée bénéficiant de l’emploi à vie.
[7]Pour ce genre d’exercice, voir Ivan P. Hall, Cartels of the Mind. Japan’s Intellectual Closed Shop, New York : Norton, 1998.
[8]En plus de ses romans, dont le fameux Les bébés de la consigne automatique (Arles : Picquier, 1996), on lira de Murakami son petit essai consacré aux conséquences de la postmodernisation au Japon : Murder in a Lonely Country, Tokyo : Single Cut, 1998.
[9]Pierre Bourdieu (dir.), La misère du monde, Paris : Seuil, 1993.
[10]Une belle formule que nous devons à Pierre Bourdieu : « Je me délecte de ces ouvrages où la théorie, parce qu’elle est comme l’air qu’on respire, est partout et nulle part, au détour d’une note, dans le commentaire d’un texte ancien, dans la structure même du discours interprétatif. Je me retrouve complètement dans ces auteurs qui savent investir les questions théoriques les plus décisives dans une étude empirique minutieusement menée, et qui font des concepts un usage à la fois plus modeste et plus aristocratique, allant parfois jusqu’à cacher leur propre contribution dans une réinterprétation créatrice des théories qui sont immanentes à leur objet. » (Les règles de l’art. Genèse et structure du champ littéraire, Paris : Seuil, 1992, p. 250.)
[11]Masao Miyamoto, Japon, société camisole de force, Arles : Picquier, 1996.
[12]Ryûji Nagatsuka, J’étais un kamikaze, Paris : Stock, 1972.
[13]Voir entre autres : André l’Hénoret, Le clou qui dépasse. Récit du Japon d’en bas, Paris : La Découverte, 1993 ou Ray Ventura, Clandestin au Japon, Arles : Picquier, 1995.
[14]Pierre Bourdieu (dir.), La misère du monde, op. cit., p. 912.
[15]Ibid., p. 914.
[16]Pierre Hadot, Exercices spirituels et philosophie antique, Paris : Albin Michel, Nouvelle édition revue et augmentée, 2002 (1re édition 1981).
[17]Robert Antelme, L’espèce humaine, Paris : Gallimard, 1997 (1re édition 1957), p. 230.
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