A contrario
Antipodes

I.S.B.N.2889010059
192 pages

p. 76 à 101
doi: en cours

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Vol. 5 2008/1

Israël : la doctrine du « combat disséminé ». Vers une sur-violence sans rationalité militaire ?

Pascal de Crousaz
À l’instar de bien d’autres armées contemporaines, l’armée israélienne a essayé, depuis les années 1990, de repenser les paradigmes de son action. Parmi les solutions émergentes figure la doctrine du « combat disséminé », sensée apporter une réponse efficace aux défis de la guerre du XXIe siècle, en particulier de la guerre asymétrique pratiquée par les adversaires non-étatiques d’Israël (Hezbollah, Hamas, etc.), tout en limitant les dégâts collatéraux aux populations non combattantes. Cependant, la nouvelle doctrine ne peut produire qu’un nombre réduit de signes et symboles spectaculaires attestant de victoires. Ce faisant, elle perturbe le jeu entre gouvernants, armée et société civile, dans lequel gouvernants et armée ont besoin de tels symboles de victoire, à même de satisfaire les attentes de la société civile et de renforcer la légitimité de leurs actions. Pour pallier ce manque, les décideurs politiques et militaires pourraient être tentés de recourir à une sur-violence démonstrative sans finalité strictement militaire. La guerre du Liban en été 2006, comme les opérations contre la bande de Gaza depuis la prise du pouvoir par le Hamas, pourraient bien constituer les premières illustrations de ce type d’opérations. Since the 90s and similarly to other modern armies, the Israeli army has tried to rethink its paradigm of action as a response to the challenges of 21st Century’s warfare. One of the emerging solutions is that of the « diffused warfare » doctrine that aims to address the issue of asymmetrical war fought by non-state actors (Hezbollah, Hamas, etc.), while restricting collateral damages done to non-combat populations. However, this new mode of action produces only a small number of victory symbols or signs, needed by rulers and the army in order to meet the expectations of the public opinion and civil society, and to legitimize their actions. In order to fulfil this need, one can imagine that political and military decision-makers could be tempted to employ and show a demonstration of over-violence, without any military rationality strictly speaking. The 2006 Lebanese war and the operations in the Gaza Strip since Hamas victory could well prove to be the first examples of this new mode of action.
• Du « Blitzkrieg » à la guerre post-moderne « disséminée »
• Une doctrine de guerre post-moderne
• Le conflit avec l’extérieur dans le jeu gouvernants–société civile
• De la production de signes et symboles de succès : Israël dans les guerres traditionnelles
• La production de signes de victoire dans une guerre « post-moderne »
• La sur-violence gratuite, palliatif au manque de signes spectaculaires de victoire dans la guerre post-moderne ? Le cas de la guerre du Liban (2006)
• Conclusions


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