Actes de la recherche en sciences sociales
Le Seuil

I.S.B.N.202091768-8
144 pages

p. 122 à 139
doi: en cours

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n° 166-167 2007/1-2

Le Non français au traité constitutionnel européen (mai 2005)

Sur deux lectures « polaires » du scrutin

Patrick Lehingue
Les interprétations d’un scrutin sont toujours « partie prenante » d’un processus électoral qui ne se clôt pas avec la fermeture des bureaux de vote. Le référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen peut être décrypté au moyen de deux grilles d’analyse. La lecture dite « politique » tend à ne connaître les agents sociaux qu’en leur qualité d’électeurs, dotés d’une compétence politique minimale, d’attachements partisans et exprimant des convictions politiques ancrées. La lecture dite « sociale », dans la limite des instruments disponibles, cherche à tester la prédictibilité (donc l’influence persistante) des attributs sociaux caractérisant, au quotidien, des individus furtivement érigés, le temps d’un vote, en citoyens arbitres. La ventilation partisane des distributions de vote entre le Oui et le Non suggère une certaine prégnance de l’offre partisane, à condition de replacer ces distributions dans les configurations sociales locales. La même opération appliquée aux variables d’identification sociale révèle des écarts élevés, socialement ordonnés, et croissants depuis le précédent référendum européen de 1992. Ce sont probablement les propriétés singulières de la campagne électorale qui expliquent qu’exceptionnellement, les lectures « sociales » et « politiques » sont ici complémentaires.
• Éléments pour une lecture « politique »
• Éléments pour une lecture « sociale » des résultats
• Deux France, deux lectures ?


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