2005
Actuel Marx
Présentation
Actuel Marx
La rédaction d’Actuel Marx adressait, voici un an, à un certain
nombre de chercheurs de diverses spécialités, anthropologie, sociologie,
histoire et psychanalyse, se référant ou non au marxisme, une enquête
théorique, élaborée par Annie Bidet-Mordrel, et libellée en ces termes :
Familles monoparentales, familles recomposées, familles adoptives,
familles homoparentales, nouvelles technologies d’assistance médicale à
la procréation, le sol semble vaciller…
La famille ne serait plus la famille. Crise de la famille ? Ou crise
d’un modèle historique naturalisé de famille ? De cette famille supposée
« naturelle », Parsons a fourni le modèle classique : famille conjugale ,
tout ce qui s’en écarte est rejeté dans la marginalité ; partage des rôles
selon une différence naturalisée des sexes ; famille centrée sur la reproduction, dont toute activité productive est supposée exclue (le travail
domestique étant rendu invisible comme travail et production), trait
décisif pour la séparation du privé et du public ; modèle généalogique,
enfin, fondé sur la procréation, qui lie, dans une adéquation supposée,
conjugalité, sexualité procréatrice, filiation, et parentalité.
Les « nouvelles familles » et les techniques de reproduction assistée
nous contraignent à interroger les liens entre filiation et engendrement
ainsi que l’exclusivité du statut de père et de mère en même temps que la
« parentalité » dont les fonctions se dissocient sous nos yeux. Elles nous
invitent aussi à revisiter la notion d’« ordre symbolique », non pour la
déclarer nulle et non avenue, mais pour se demander si le contenu qui
lui est souvent assigné n’est pas lui-même assignable à une période
historique déterminée, entre autres de la famille, dont elle serait, dans
plusieurs de ses usages, le simple précipité.
Cette situation nous incite à un « regard éloigné » pour reprendre
le titre d’un recueil d’articles de Lévi-Strauss. Regard éloigné pour
prendre distance à l’égard d’une naturalisation dans laquelle nous
sommes pris, en raison même de la production, dans cette institution qui
construit les subjectivités, des schèmes par lesquels nous sentons,
percevons, connaissons. Voir que d’autres arrangements ont été possibles, non pour les imiter ou les prendre comme modèles – ils ont en
effet leur propre histoire – mais pour apercevoir la variabilité à travers
l’espace et donc aussi le temps de cette institution appelée famille, dont
nous ne pouvons véritablement donner de définition préalable puisqu’elle se noue et se dénoue dans des pratiques sociales que les sciences
sociales, et entre autres le marxisme, cherchent précisément à décrypter,
analyser et, si possible, expliquer et non seulement décrire.
De cette diversité, comment rendre compte ? S’il faut admettre avec
Françoise Héritier que la famille n’est jamais biologique, mais toujours invention sociale , peut-on rapporter cette invention à de purs arrangements combinatoires autour de données biologiques universelles, le fait
« naturel » de l’engendrement impliquant différence des sexes et alliance, filiation, et donc ordre des générations et ordre de succession
dans une génération ? Ou bien faut-il opposer à la conception structuraliste / naturaliste de la diversité une approche historique cherchant à
rendre compte de la construction des catégories à travers lesquelles
s’organisent la parenté et les configurations familiales ?
De la diversité des arrangements familiaux révélée par l’anthropologie, l’histoire et la sociologie, résulte immédiatement l’affirmation du
caractère historique de notre système familial, dont l’histoire commence
au Moyen-Âge : système généalogique, reposant sur l’hérédité des liens
de sang, supposés pouvoir transmettre en toute certitude un patrimoine,
un titre et une généalogie. De ce système, il conviendrait de faire la
genèse et l’histoire, au passé et au présent, en mettant entre autres à
l’épreuve les concepts issus du matérialisme historique.
Est-il possible de rendre compte de l’histoire de la famille du
Moyen-Âge à nos jours sans mettre en rapport famille, production et
reproduction à la fois générationnelle, économique et sociale ? Peut-on,
par exemple, relier une économie centrée sur la notion de mode de
production et une dynamique des populations et des structures familiales ? Ou élargir la notion de mode de production pour y inclure, selon
l’intuition de Engels, le mode de reproduction ? Faut-il, dans une
optique voisine bien que différente, rapporter l’histoire de la famille aux
stratégies de reproduction sociale et faire émerger ce qui est généralement caché dans l’histoire de la famille : les rapports de domination
matérielle et symbolique entre groupes sociaux qui font de la famille un
enjeu et un instrument des luttes sociales ? A cet égard, ce travail
critique de dénaturalisation de la famille s’apparente à celui que vise à
produire du côté du marxisme la « critique de l’économie politique »
Mais il est clair qu’il requiert bien d’autres sources de réflexion et de
théorisation que celles qui procèdent des traditions marxistes.
Au fil de ces questionnements, il apparaît aussi qu’on ne peut saisir
correctement les arrangements familiaux et leurs changements sans les
considérer du point de vue des rapports sociaux de sexe. Quels rapports
la diversité actuelle des familles a-t-elle avec la régulation de la
production dans ses relations avec la reproduction, avec l’organisation
du travail et sa division sociale et sexuée ? Les arrangements familiaux
semblent être le lieu central de l’oppression des femmes : par l’assignation du travail domestique, une certaine définition de la maternité et de
la paternité, de la construction des rôles sociaux. On devra voir aussi
comment, quoi qu’il en soit des « nouveaux pères » et du « pouvoir des
mères », le partage très inégal des tâches demeure et comment la
question du travail domestique, de son partage et des réaménagements
familiaux que cela suppose, reste à l’ordre du jour. Mais la réflexion
critique sur la famille du point de vue des rapports sociaux de sexe ne
peut s’arrêter là. Il faut encore l’envisager sous l’angle des rapports
privé/public et, plus précisément, examiner le rôle que certains arrangements familiaux et les représentations qui les accompagnent ont pu jouer
dans la construction historique de la citoyenneté.
Les nouvelles techniques de reproduction (NTR) condensent
l’ensemble de ces questions tout en les faisant apparaître de manière
spécifique et complexe. Peut-être peut-on tenter de démêler l’écheveau à
partir de ce que certains invoquent pour en expliquer l’existence et en
justifier la pratique : de nouveaux modes de subjectivation se
manifestant sous la forme de « désir d’enfant », de revendications de
nouveaux droits dont un « droit à l’enfant », etc. Dans cette optique, les
NTR résulteraient d’une demande leur préexistant et s’inscriraient, pour
leur plus grande part, dans une démarche thérapeutique. En réalité, ne
sont- elles pas le résultat d’une offre qui ne dit pas son nom et derrière
la demande et le soi-disant désir d’enfant, un pouvoir ne se cache-t-il
pas ? Pouvoir bio-médical d’abord qui traverse les NTR et les utilise
comme moyens d’action sur la vie, non seulement pour l’entretenir, la
développer, mais la créer, voire la manipuler, l’inventer et dont l’usage
contradictoire mérite d’être réfléchi ainsi que les processus inconscients
sous jacents. Mais est-ce bien le pouvoir biomédical qui est inducteur
d’une offre ou bien, derrière lui, les programmes de recherche et leurs
liens avec la recherche en reproduction animale, des formes
d’expérimentation sur l’humain, l’industrie pharmaceutique, l’industrie
agro-alimentaire, l’industrie des bébés… ?
Comme nous l’avons fait, voici trois ans, pour le volume sur les rapports sociaux de sexe, Actuel Marx n°30, nous adressons le présent
projet à un certain nombre de chercheuses et de chercheurs pour leur
proposer de contribuer par un article à cette enquête théorique.
Les réponses que nous avons reçues couvrent largement le champ
de nos questions, même si certaines, comme celle des NTR ou de
l’homoparentalité, se trouvent parfois couvertes par d’autres. Elles
s’intéressent principalement aux présupposés qui gouvernent la réflexion
sociale et politique, et aux obstacles épistémologiques que rencontre la
recherche sociologique elle-même. Elles s’interrogent sur les approches
aujourd’hui dominantes, sur leur capacité à expliquer et à apprécier les
bouleversements en cours. Elles visent à renouveler les hypothèses de
travail. Et il se trouve qu’elles présentent ainsi, dans la diversité des disciplines, une forte cohérence, qui fait aussi que leur « recueil » dans le
même volume leur fournit comme un supplément de sens, révélant des
affinités souterraines, dont le lecteur jugera. Mises côte à côte, elles
forment comme des fragments d’une « critique » de la famille, au sens
où Marx parle d’une « critique de l’économie politique », ou encore
Bourdieu d’une critique de la doxa : mise à distance, insertion dans une
histoire sociale matérielle aléatoire – celle des conditions dans lesquelles
les sociétés humaines se produisent et se reproduisent – de ce qui
apparaît sous ses variations formelles comme un ordre naturel, chargé de
la sacralité qui appartient à l’immuable.
On connaît la critique que Claude Meillassoux a portée à l’encontre de l’universalité supposée du modèle de famille généalogique, ou
génétique, c’est-à-dire supposé fondé sur la relation de deux géniteurs à
leur descendance, dont il a montré les conditions historiques, économiques et sociales particulières. Il souligne ici comment la parenté, qui
est autant une affaire de survie que de transmission de la vie, se
manifeste en réalité de façons fort diverses dans les différentes sociétés,
passées et présentes. Confiant dans le modèle génétique – élaboré par
Lewis Morgan, qui, à partir du cas particulier des sociétés modernes,
généralise la consanguinité comme essence de la parenté –, Lévi-Strauss
se serait laissé enfermer dans une aporie. La parenté se construit-elle sur
la rencontre sexuelle, éventuellement sans lendemain, ou par le fait qu’il
existe nécessairement une forme sociale d’adoption de l’enfant, inapte à
vivre par lui-même, par un groupe nourricier ? A l’approche structurale,
Cl. Meillassoux en oppose donc une autre, fondée sur les liens matériels
et affectifs liés à la prise en charge alimentaire et éducationnelle des
mineurs jusqu’à leur maturité, par des « parents » consanguins ou non.
Wally Seccombe propose, sur la base d’un travail poursuivi pendant une décennie, un développement du concept marxien de « mode de
production » intégrant la dimension des formes de famille : un certain
mode de production encourage un certain type de famille plutôt qu’un
autre. Le facteur crucial est, selon lui, le mode de contrainte qui pèse sur
la force de travail et la façon dont les familles productrices obtiennent
les moyens de subsistance de leurs membres. Les formes de famille sont
déterminantes dans la reproduction de la structure sociale autant que
dans la production des personnes, de leurs capacités de travail, de leur
soumission et de leur résistance. L’auteur situe à cette intersection
famille / production la figure du patriarcat comme autorité domestique.
Dans un article écrit en hommage à Pierre Bourdieu, Rémi Lenoir
revient ici sur la problématique générale de son récent livre, Généalogie
de la morale familiale. Il vise à répondre à deux questions. Comment
« la famille » est-elle devenue la pièce maîtresse du système de reproduction de la structure sociale ? Peut-on la penser en dehors des catégories qui orientent les représentations ordinaires et savantes et qui sont
inscrites dans toutes les dimensions de l'ordre social ? Il y répond non
par une histoire des structures de la famille, mais par une histoire de ses
usages sociaux, qui montre notamment les liens existant entre les
définitions de la famille et les luttes que se livrent les groupes sociaux
pour pérenniser leur place dans l’espace social.
Les rapports entre sexes changent, dit-on, au sein de la famille. Et
toute une sociologie, en France notamment, s’exerce à scruter et à
conceptualiser cette irrésistible mutation. Anne Marie Devreux, à partir
des enquêtes nationales sur les emplois du temps en France et aux Pays-Bas, propose une tout autre analyse du travail domestique et parental des
hommes. Elle avance en conséquence une critique en règle des catégories de pensée et présupposés qui gouvernent la recherche sociologique
dans ce domaine : sociologie des identités, qui donne la primauté aux
représentations. S’agissant d’enquêter sur le « changement des hommes », « les nouveaux pères » et le « pouvoir des femmes », elle lui oppose une approche par les rapports sociaux qui examine la place réelle
des individus dans la division du travail et la répartition effective des
pouvoirs.
Michèle Ferrand engage, quant à elle, une réflexion comparative
entre sexes sur les réactions aux évolutions en cours. Une batterie de
nouvelles lois sur la famille et la procréation ont entraîné une redéfinition des rôles parentaux. Mais celle-ci ne va guère au-delà de l’ordre des
représentations : l’implication des hommes dans la sphère domestique se
fait toujours attendre. A côté des résistances masculines à une véritable
égalité devant la parentalité, il faut aussi cependant évoquer les réticences féminines. Derrière le partage possible, qu’illustre la résidence
alternée, se profilent des attentes paradoxales, qui s’expriment dans la
revendication de « l’égalité dans la différence ». Le passage d’une
perspective de complémentarité des genres à celle d’une véritable égalité
semble se heurter à la conviction, toujours prédominante, de l’« incommensurable » différence des sexes.
Michel Tort avait, dans Le Désir froid, montré comment les NTR,
données comme des réponses au « désir d’enfant », se développent en
réalité selon une logique de bio-pouvoir et d’offre de services à la
recherche du profit. Il nous introduit au cœur de la grande bataille qui se
déroule aujourd’hui au sein de la galaxie psychanalytique autour de la
question du père. Quand, dans les années 60, les pères perdent leur
maîtrise sur la procréation, et par là aussi en partie sur les femmes et les
enfants, quelque chose du pouvoir patriarcal se trouve en péril. Il
s’ensuit une réaction qui met au compte de cet effacement du père toutes
les perturbations affectant aujourd’hui la famille. Ainsi montent en
puissance une psychopathologie psychanalytique et une psychiatrie des
familles, véritable « appareil psychologique d’Etat », qui s’emploie à
sanctifier les rôles traditionnels : aux mères les soins, aux pères l’autorité. L’Œdipe, ignoré dans ses déterminants socio-historiques, variables,
se transfigure en un « ordre symbolique » supposé universel, dominé par
le père et maître. C’est ici toute la construction Lévi-Strauss / Lacan qui
se trouve mise en question, l’idée qu’aux mâles reviendrait naturellement le principe de pouvoir et de raison. Et surtout l’interprétation
proposée par Pierre Legendre, assignant à l’ordre juridique (patriarcal) la
fonction de structurer le psychisme. Réaction « réactionnaire », selon
Michel Tort, à l’encontre du mouvement moderne d’émancipation et de
son développement contemporain qui vient bouleverser l’ordre sexuel et
familial. Nul doute que le livre flamboyant publié chez Aubier, Fin de la
solution paternelle, dont il nous livre ici une pièce centrale, ne suscite de
tumultueux débats.
En HORS DOSSIER, nous présentons deux couples cohérents de
travaux pourtant incomparables.
Le premier porte sur Marx chercheur : comment, partant de la philosophie, il « débouche » sur les sciences sociales (Macherey), et comment
il poursuit jusqu’à la fin de sa vie ce travail de chercheur impénitent
(Krätke).
Hegel avait fixé à la philosophie l’objectif d’embrasser la vie de
l’Esprit universel, jusqu’au point où le réel serait lui-même compris
comme rationnel. Cet objectif ambigu se soldera par un éclatement de sa
descendance en idéalistes et réalistes, souvent désignés comme une
droite et une gauche hégéliennes. Celle-ci mit en avant le singulier mot
d’ordre de « faire descendre la philosophie du ciel sur la terre ». Pierre
Macherey en retrace ici l’histoire, à partir de Cieskowski, 1838, à
travers Hess, puis Feuerbach. Pour arriver à Marx. Et découvrir qu’il
signifie pour lui la décision philosophique de prendre pour objet la vie
réelle, le développement concret des rapports sociaux, soit le programme
qu’il désigne, en 1845, comme celui du « matérialisme historique ». Car
c’est en ce sens qu’il entreprend la recherche qui, sur deux décennies, le
conduira au Capital. Il reste à savoir, bien sûr, si cette “ réalisation de la
philosophie ” épuise en totalité l’exigence philosophique.
Michael Krätke montre que Marx ne dit pas son dernier mot, audelà du Livre I du Capital, avec les manuscrits qui donneront les Livres
II et III. Il poursuit en effet, comme on peut le voir à travers des milliers
de pages qui seront dans quelques années disponibles grâce au travail de
la MEGA, un travail dont la forme est typiquement celle de la recherche
scientifique, avec l’énoncé d’hypothèses et la mise à l’épreuve empirique systématique. Ces travaux, qui portent principalement d’une part
sur la monnaie et le crédit et d’autre part sur la rente et l’économie
agricole, donnent à penser qu’ils conduisaient Marx à certaines réévaluations de sa grande Å“uvre théorique.
Le second couple porte sur les institutions « impériales » et « internationales ».
Aux yeux de Jean-Claude Paye – qui poursuit ici une analyse dont
il livre pas à pas, à travers livres et articles, les nouveaux développements –, on voit aujourd’hui émerger, comme la forme de gouvernement
approprié à ce qu’il appelle l’empire, un régime de dictature, qui, généralisant les mesures tournées contre le terrorisme, ébranle les libertés
fondamentales : les mesures d’urgence obtiennent le statut de lois, et le
pouvoir exécutif s’empare ainsi des prérogatives du pouvoir de la loi.
Luigi Ferrajoli se concentre, lui, sur l’affrontement entre les Etats-Unis et l’ONU qui a précédé la guerre en Irak. Il note que deux interprétations s’opposent à ce propos. Selon certains, l’administration US
notamment, ce conflit aurait affaibli et définitivement discrédité l’ONU.
Selon lui, au contraire, il marque un redressement de cette institution,
qui tranche sur toute une période de soumission servile à l’impérialisme.
Portée par la conjoncture et par des forces majoritaires au sein de
l’opinion publique mondiale, l’ONU, par son refus de légitimer l’invasion, a pour la première fois montré sa capacité à se conformer aux exigences pacifistes de la Charte et à les faire entendre comme le droit en
vigueur. Le droit violé, mais néanmoins le droit. L’auteur n’en tire pas
des conclusions unilatéralement optimistes, mais ne considère pas non
plus que la suite des évènements ait annulé le rapport de forces entre le
pouvoir US et un pouvoir de résistance qui s’est manifesté à l’échelle
mondiale.
Au lecteur de juger si ces deux analyses, qui en tout cas contribuent
à structurer le débat en cours, sont incompatibles.
On trouvera encore ici une rubrique LIVRES, sur le site de la revue,
w
www. u-paris10. fr/ ActuelMarx/ ,sur lequel une Tribune de discussion
vous est ouverte, de nombreux textes issus du
Congrès Marx International IV et de nouvelles contributions à
Actuel Marx en ligne
[1].
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La rédaction adresse ses remerciements à Sebastian Budgen pour sa participation à la préparation de ce numéro, et Cornelius Crowley qui a traduit la plupart
des
abstracts.