La métamorphose de l’homme en sein et le fantasme d’une jouissance illimitée dans Le Sein de Philip Roth
Christine Condamin
Philip Roth, dans son œuvre marquée par une formidable créativité et un humour éblouissant, présente des héros aux prises avec des difficultés psychopathologiques qui entravent singulièrement leur vie amoureuse : leur désir est souvent marqué par l’errement, l’inconstance voire l’inconsistance, et leur sexualité par un besoin de contact sensuel insatiable. Le conte métaphorique Le sein (1972), qui s’inscrit dans la lignée des métamorphoses, amène à réfléchir, à travers la transformation du héros David Kepesh en sein, sur le fantasme (ou la perversion) tabou mais fréquent de la possibilité de vivre une jouissance toujours renouvelée et illimitée. Dans La bête qui meurt (2004), le même héros parvient, au prix d’une profonde réorganisation psychique, à abandonner sa chère liberté inconditionnelle et sa constante recherche du plaisir érotique ; il accède à une véritable relation amoureuse où l’Autre peut réellement être aimé dans une dimension sexuelle et affective.Mots-clés :
métamorphose en sein, fantasme d’une jouissance illimitée, passion du toucher, perversion.
Philip Roth, in works of tremendous creativity and dazzling humour, presents heroes in the grip of psychopathological problems that hamper their love lives in a singular way : their desire is often marked by straying, inconstancy and even inconsistency, and their sexuality by an insatiable need for sensual contact. The metaphorical tale The breast (1972), which belongs to the tradition of metamorphosis, leads one to reflect, through the transformation of David Kapesh into a breast, upon the fantasy (or perversion), taboo but frequent, of experiencing unlimited and constantly renewed sexual enjoyment. In The dying Animal (2004), the same hero manages, after a profound psychical reorganisation, to abandon his cherished unconditional freedom and his constant search for erotic pleasure ; he achieves a real love relationship where the Other can really be loved, both sexually and affectively.Keywords :
metamorphosis into a breast, fantasy of unlimited enjoyment, passion for touching, perversion.
Philip Roth, en su obra marcada por una remarcable creatividad y un humor deslumbrante, nos presenta héroes dominados por sus dificultades psicopatológicas que entraban de manera singular su vida amorosa. Su deseo esta generalmente marcado por la errancia, la inconstancia y aun más la inconsistencia y su sexualidad esta marcada de la necesidad de un contacto sensual insaciable. El cuento metafórico El seno (1972) que se inscribe en la línea de la metamorfosis nos conduce a reflexionar a través de la transformación del héroe David Kepesh en seno sobre la fantasía (o la perversión) tabú, pero frecuentes de la posibilidad. En La bestia que muere (2004) el mismo héroe, logra pero al precio de una desorganización psíquica a abandonar su querida libertad incondicional y su constante búsqueda del placer erótico. El accede a una verdadera relación amorosa donde el otro puede realmente ser amado en una dimensión sexual y afectiva.Palabras claves :
metamorfosis en el seno, fantasía de un orgasmo ilimitado, pasión del contacto, perversión.
• L’exhortation à une liberté inconditionnelle et la condamnation de l’attachement affectif
• La métamorphose de l’homme en sein, fantasme d’une jouissance illimitée ?
• Le surinvestissement de la perception et la passion du toucher
• L’attachement, ruine pour le moi ou abandon consenti au sentiment d’omnipotence ?
• BIBLIOGRAPHIE