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Adolescence

2007/3 (n° 61)

  • Pages : 220
  • ISBN : 2847951103
  • DOI : 10.3917/ado.061.0541
  • Éditeur : GREUPP


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Dans Les Faux-Monnayeurs, Bernard Profitendieu qui passe ses après-midi à la maison pour préparer son baccalauréat, trompe son ennui en forçant le tiroir secret d’un bureau du salon. Il lit des lettres qui furent adressées à sa mère et il découvre qu’il est le fruit d’une liaison secrète qu’elle eut voilà dix-sept ans. Passant outre la culpabilité consécutive à sa curiosité et aux fantasmes que suscite ce nouveau savoir sur la sexualité de sa mère, il construit un roman familial où il s’imagine être le fils d’un prince. En un sens, l’infidélité de sa mère l’excite : il la dédouane et il s’en prend à l’homme qu’il appelait papa pour se réjouir de ne plus craindre de lui ressembler. Libéré de son agressivité, il décide de s’enfuir de la maison et de confier son projet à Olivier Molinier, son ami de lycée, dont il envie la stabilité et le lien privilégié qu’il entretient avec l’un de ses jeunes oncles. Commence alors une aventure, peut-être même le grand voyage de la vie où l’attrait pour les femmes ne cède en rien à la fascination qu’exercent sur lui certains hommes. Entraîné dans ce qu’il décrit comme un « flot de sentiments hideux », Bernard finit par regagner le foyer familial et tente d’expliquer à Olivier, l’ami toujours fidèle, ce qu’il a ressenti au long du périple. « C’est comme de la vapeur en moi, dit-il, elle peut s’échapper en sifflant (ça c’est la poésie), actionner des pistons, des roues ; ou même faire éclater la machine » [1]  Gide A. (1925). Les Faux-Monnayeurs. Paris : Gallimard,... [1] .

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Que nous apprennent ces fièvres d’amitié à l’adolescence qui unissent des couples de jeunes gens dont les émois servent de fil conducteur aux romans dont ils sont les héros ?

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Elles se déclenchent à une période de vie où les questions de filiation, de mort et de sexe se font pressantes au point d’exiger de l’action. Mais dans le couple que l’on voit uni par une amitié qui autorise la transgression, la position de chaque partenaire est inégale. Cela ne signifie pas qu’elle s’ordonne autour d’un maître et d’un esclave, mais il y a un meneur dans le couple qui demande implicitement à l’autre de couvrir une conduite qu’il sait hasardeuse et à laquelle il ne peut ni ne veut renoncer. Aussi doit-on revoir la conception de l’amitié selon laquelle elle est tranquille. Disons plutôt qu’elle requière le concours d’un partenaire plus tranquille qui permet à l’autre de se laisser aller aux fièvres de la passion, du sexe et du coup de foudre (Brun, 2005).

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Lorsque M. Duras, dans L’Amant [2]  Duras M. (1984). L’amant. Paris : Les Éditions de ... [2] , parle d’Hélène Lagonelle, son amie de pension, elle lui fait une place à part dans ses sentiments. Elle lui prête l’innocence qu’elle-même est sur le point de perdre. « Seule Hélène Lagonelle échappait à la loi de l’erreur. Attardée dans l’enfance » [3]  Ibid., p. 28. [3] . Devant la montée du désir pour l’homme à la limousine noire avec chauffeur en livrée de coton blanc qui va l’initier à l’amour, c’est à son amie qu’elle pense.

« Attardée dans l’enfance » mais déjà séduisante sans le savoir, telles sont les caractéristiques de l’amie qu’est Hélène Lagonelle. Elle ne pose pas de question sur les activités nocturnes de la compagne de pension et, surtout, elle ne se conduit pas comme la mère qui, ayant cru reconnaître l’odeur du Chinois sur sa fille, l’interroge brutalement en se jetant sur elle pour la battre à coups de poing avec l’encouragement tacite du frère aîné.

Hélène et Marguerite s’assemblent et se ressemblent parce qu’elles sont les seules blanches de la pension d’État, où sont accueillies des métisses, abandonnées par leur père et quelques quarteronnes. On raconte qu’elles sont là pour devenir des infirmières ou des surveillantes d’orphelinat. Hélène, qui a peur de cet avenir, veut se sauver de la pension pour ne pas connaître un tel sort. Marguerite la rassure et la console à la manière d’une mère. Leur amitié est silencieuse, car Hélène ne parle pas en première personne. C’est le fond de ses propos qui est rapporté, jamais leur forme. On ne connaît pas ses façons de dire mais plutôt ses façons de faire.

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L’attachement pour Zaza dont témoigne S. de Beauvoir dans Les mémoires d’une jeune fille rangée, se fonde sur une même peur de l’avenir et sur une même dissymétrie. « La vivacité et l’indépendance de Zaza me subjugaient, écrit-elle. Je ne m’avisai pas tout de suite de la place que cette amitié tenait dans ma vie. […] L’admiration que je lui vouais ne me dépréciait pas à mes propres yeux. […] Je ne concevais rien de mieux au monde que d’être moi-même et d’aimer Zaza » [4]  Beauvoir S. de (1958). Mémoires d’une jeune fille rangée.... [4] . Leur histoire connaît son acmé au moment de l’adolescence. Simone a le sentiment que son corps change de même que son existence et que son passé la quitte. Au déménagement de la famille s’ajoute le départ de la bonne et elle pense tristement qu’il ne lui faudra pas attendre longtemps pour perdre la maison où elle passe ses vacances. Celle-ci doit revenir à son oncle qui en est nu-propriétaire et qui doit en hériter à la mort du grand-père déjà âgé. « Je ne m’y sentirai plus chez moi ; j’y viendrai en étrangère, puis je n’y viendrai plus » [5]  Ibid., p. 144. [5] , écrit-elle, s’avisant alors dans la foulée, et non sans terreur, de l’éventuelle précarité de son amitié pour Zaza.

Car Simone trouve dans ses échanges avec Zaza de quoi alimenter toutes ses idées rebelles. Elles refont le monde ensemble, rêvent d’une existence où la religion serait moins pesante, la famille moins oppressante. Tout entière prise par ses idées et par le compagnonnage qu’elle trouve auprès de Zaza, Simone ignore que son amie aime ailleurs, d’autant que, de cet amour, celle-ci ne dit mot.

Jusqu’au jour – mais c’est trop tard – où elle écrit à Simone pour lui dire qu’elle sombre. Elle vient de connaître un premier chagrin d’amour du fait de son obéissance forcée à la loi familiale, évidemment contraire à leurs idées communes. Il va y en avoir un second auquel elle ne survivra pas, car elle meurt d’une méningite foudroyante au moment où sa mère veut l’envoyer à l’étranger pour oublier le garçon que Simone lui a présenté et dont elle est tombée amoureuse.

S. de Beauvoir s’étonna de n’avoir rien perçu de ces difficultés initiales comme si l’amour risquait de fragiliser leur amitié. Sans rien lui en dire, Zaza avait fait la connaissance d’un cousin de son père, un petit garçon « solitaire, triste, farouche » qui se prit de tendresse pour elle. Leur lien se transforma en amour à l’adolescence. Les parents s’opposèrent violemment à leur projet de mariage comme ils le firent plus tard pour l’autre garçon, un normalien que lui présenta Simone. « Je relus dix fois cette lettre la gorge serrée, écrit-elle. Je comprenais maintenant le changement survenu chez Zaza à quinze ans, ses airs absents, son romantisme […]. Comme je l’avais mal connue […]. Je restai confondue par ce malheur qui débordait tout de que j’avais éprouvé » [6]  Ibid., pp. 346-347. [6] .

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La mort et le sexe marquent de leur empreinte les amitiés intenses de l’adolescence. Cela apparaît clairement chez M. Duras et chez S. de Beauvoir. Il en est de même pour Alain-Fournier qui construit Le Grand Meaulnes sur l’histoire d’Augustin Meaulnes et de François Seurel. Si la découverte de la sexualité féminine fait, chez S. de Beauvoir comme chez A. Gide d’ailleurs, l’objet d’un déni entre amis, il n’en est rien chez M. Duras ou chez Alain-Fournier. La passion de Meaulnes pour la femme qu’il a découverte dans un salon est, en effet, parfaitement assumée. Et si François lui emboîte le pas, c’est surtout pour ne pas le perdre car il a compris que son rôle en l’occurrence devenait subalterne. Mais là aussi, comme chez S. de Beauvoir, la mort et l’absence sont au bout du chemin.

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Le Grand Meaulnes est l’histoire d’un égarement au sens propre comme au sens figuré, c’est-à-dire d’une errance de nuit comme de jour, l’hiver sur des chemins sablonneux, et d’une aventure à certains égards féerique au cours de laquelle dans un château en fête, égaré au milieu d’un paysage hostile, Meaulnes rencontre une jeune fille, un grand manteau marron jeté sur les épaules, tournant le dos et jouant des airs de rondes ou de chansonnettes à des petits garçons et des petites filles. L’image plonge le jeune homme « dans le bonheur le plus calme du monde. […] Alors ce fut un rêve comme son rêve de jadis. Il put imaginer longuement qu’il était dans sa propre maison, marié, un beau soir, et que cet être charmant et inconnu qui jouait du piano près de lui, c’était sa femme… » [7]  Alain-Fournier (1913). Le Grand Meaulnes. Paris : Le... [7] .

Le calme apparent de cette rêverie d’adolescent est constamment démenti par les faits qui montrent un Meaulnes instable et agité, occupé jusqu’à l’obsession par la volonté de retrouver cette jeune fille qu’il finira par rencontrer grâce à son ami François. Sa course sans fin convient à illustrer simultanément le rôle de l’ami et ce que comporte d’impossible ou de leurrant la quête d’une femme qui porte en elle l’infinie nostalgie d’une approche de la mère, comme au temps du lien exclusif de la petite enfance. À juste titre, François entend la détresse de son ami comme une menace sur leur amitié. « J’eus l’impression, dit-il, qu’il rompait avec moi parce que son aventure était finie, comme il rompait avec son passé. J’eus beau lui écrire, je ne reçus plus de réponse » [8]  Ibid., p. 132. [8] . Mais les deux hommes, finalement, se retrouvent car François veille sur la jeune femme enceinte tandis que Meaulnes poursuit sa course éperdue. Il sera le seul à pouvoir s’occuper de l’enfant qui naîtra de cette union tumultueuse qui n’était sans doute pas destinée à durer et dont la jeune mère meurt en couches.

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M. Duras et Hélène Lagonelle, l’amie de pension dont elle parle dans L’Amant, S. de Beauvoir et Zaza, l’amie de toutes les discussions dans les Mémoires d’une jeune fille rangée, Augustin Meaulnes et François Seurel qu’Alain-Fournier met en scène dans Le Grand Meaulnes : comment, pourquoi ont-ils besoin l’un de l’autre ? À quoi sert donc l’ami(e) dans ce moment fougueux de la vie qui précède la majorité ? Le mot « servir » peut surprendre tant sa dimension pragmatique paraît contredire la beauté du sentiment qui d’habitude est conférée à l’amitié telle que Montaigne l’a célébrée. Mais on peut entendre autrement la célèbre explication de son entente avec La Boétie. Le fameux « parce que c’était lui, parce que c’était moi » ne saurait valoir comme la confirmation d’un lien généralement paritaire. Car la parité tend à transmettre une vision univoque de l’amitié dont on perçoit vite l’étroitesse dès lors qu’au-delà du récit qu’en fait l’un des partenaires, la place qu’y tient l’autre s’avère essentielle pour soutenir la cause qu’il lui est implicitement demandé de soutenir.

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À l’adolescence, plus qu’à aucune autre époque de la vie, cette cause est sexuelle. L’un des partenaires est engagé sur la voie de la séduction tandis que le second est appelé à le soutenir quitte à en découvrir les enjeux dans un temps second.

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À cet égard, l’amitié qu’à l’adolescence Freud noua avec Eduard Silberstein est tout à fait éclairante. Les deux jeunes gens se connurent au lycée tout comme Bernard Profitendieu et Olivier Molinier, comme Marguerite Duras et Hélène Lagonelle, comme Simone de Beauvoir et Elisabeth Mabille, ou encore comme Augustin Meaulnes et François Seurel. L’amitié à l’adolescence implique à la fois, évidemment sur des modes différents, le devenir intellectuel et le devenir sexuel.

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C’est avec Eduard Silberstein, le premier de ses amis intimes, avec lequel il entretiendra une correspondance nourrie, que Freud décide de retourner pour la première fois à Freiberg, l’été 1871, après onze ans d’absence. L’amitié avec Eduard Silberstein s’est nouée au lycée quelque temps auparavant. On sait aussi que leurs mères respectives avaient coutume de prendre les eaux dans une ville voisine de Freiberg, ce qui aurait contribué aux liens des garçons. L’image de la mère n’est jamais absente des amitiés entre adolescents que ce soit pour la mettre en avant, pour la contester ou pour s’en éloigner.

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La correspondance entre les deux amis n’acquiert son relief qu’à partir du moment où en la lisant, on découvre que c’est à un Freud adolescent et amoureux d’une ombre qui lui rappelle sa petite enfance que l’on a affaire. Cet adolescent, sous l’emprise de son premier et peut-être de son seul coup de foudre, est par ailleurs affecté d’un grand orgueil et d’une inhibition assez importante, de sorte qu’il ne dit rien de ce qu’il éprouve à Gisela qu’il a croisée dans sa maison. Il ne peut pas davantage en parler à son ami, sauf à mots couverts, et il lui faut pendant quelques mois entretenir une correspondance. L’image comme le souvenir de Gisela occupent donc encore la vie de Freud et la présence d’Eduard Silberstein lui est d’un grand secours pour s’en débarrasser. À quoi s’ajoute un intense investissement des études dont il parle beaucoup à Emil Fluss, l’un des frères de la jeune fille, ce qui, par ce biais familial, lui permet en secret de conserver un lien avec sa fugace bien-aimée.

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De cette amitié avec Eduard Silberstein qui lui fut nécessaire à ce moment précis de sa vie, Freud parlera à Martha, sa fiancée, en des termes distants : « Nous nous sommes liés à un moment où on ne considère pas l’amitié comme un sport ou comme un avantage, écrit-il, mais où l’on a besoin d’un ami pour vivre avec lui. […] Puis alors que nous étions tous réunis au café […], je fus le premier à briser la glace en prononçant, à notre nom à tous, un discours d’adieu dans lequel je disais qu’il emportait ma jeunesse avec lui — et je ne savais pas combien cela était vrai » [9]  Freud, 1871-1881, pp. 260-261. [9] . C’est à peu près dans les mêmes termes que Freud écrit au Président de la loge B’nai B’rith de Braila en Roumanie après la mort de son ami en 1928, en ajoutant. « La vie et l’éloignement géographique nous ont séparés, mais une amitié qui remonte au début de la vie ne peut jamais s’oublier. Je le revoyais de temps en temps lorsqu’il venait à Vienne ; j’eus aussi un jour à m’occuper de sa première femme. »

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Effectivement, quelque dix ans après la fin de leur correspondance, Eduard Silberstein adressa sa première femme en consultation chez son ami, dont la célébrité se profilait à l’horizon viennois. Freud ne fit jamais la connaissance de cette jeune femme car, le jour de son rendez-vous, elle se jeta du troisième étage de l’escalier de l’immeuble où il s’apprêtait à la recevoir, et elle se tua sur le coup. L’anecdote est suffisamment tragique pour qu’elle fasse partie de l’inoubliable de cette amitié. Et si l’on pouvait, comme dans un polar, se demander s’il ne s’agit pas, en réalité, d’un meurtre déguisé en suicide, les indices nous mèneraient à examiner les ressorts d’une amitié dans laquelle l’un des partenaires a entraîné l’autre pour venir à bout des tourments que lui procuraient ses premiers émois sexuels.

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Dans le cours d’une analyse, et notamment à l’occasion de la remémoration des souvenirs de l’adolescence et de ses émois amoureux – moment crucial de la cure au regard de l’intensité des mouvements transférentiels qui s’y déploient –, il n’est pas rare de voir le patient se rapprocher d’un ami ou rechercher celui qu’il a perdu de vue. Pour quoi faire ? se demande alors le psychanalyste qui pense devoir résoudre un transfert latéral afin de laisser le patient se vouer tout entier à la réactualisation de ses affects. Mais à vouloir ramener dans le droit chemin le patient qui trouve chez son ami la réciprocité qui lui manque dans ses séances, le psychanalyste se comporte comme le parent d’antan qui s’est vainement employé à mettre un terme à une amitié qu’il estimait néfaste.

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Lorsque le patient parvient ainsi à transformer son analyste en pseudo-parent, soucieux de ses bonnes fréquentations, il réussit à masquer le sens profond de cette amitié, plus exactement son utilité.

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L’amitié, aujourd’hui dans la cure, comme hier au cours de l’adolescence, plus que leur face cachée, est un abri de choix pour l’éveil des émois, pour la peur du sexe et pour les angoisses de mort qui l’accompagnent. C’est ce que nous apprennent les romans qui mettent l’accent sur un élément essentiel des amitiés d’adolescence. En dépit de l’époque à laquelle ils se situent et dont l’atmosphère peut parfois paraître surannée, les romans ont l’avantage de décrire des couples d’adolescents auxquels on peut s’identifier longtemps après. L’actualité de leurs relations ne se dément pas, au sens où on y voit à la fois l’amitié à l’œuvre et l’amitié comme abri, ce qu’aucun récit unilatéral ou ponctuel ne parvient à restituer. L’amitié, de ce point de vue, est aussi le prélude à la répétition qui, dans l’analyse, mène le patient vers la réappropriation de son histoire en empruntant les voies auxquelles autrefois il a, sans s’en rendre compte, obéi.

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On comprend mieux ainsi la fonction de l’ami dans une cure. La manière dont, à l’adolescence et au-delà de la confiance qui fonde l’amitié, l’ami(e) peut être, tacitement ou non, utilisé pour supporter les émois de la séduction et inaugurer un avenir d’homme ou de femme, procède de la répétition au sens théâtral du terme. Dans l’analyse, comme dans la vie, l’ami(e) est, à l’adolescence, le partenaire indispensable pour l’autre de sa rencontre avec le sexe et avec la perspective de la mort. C’est ce qui le constitue dans la cure comme une figure importante du transfert.


BIBLIOGRAPHIE

  • brun d. (2005). La passion dans l’amitié. Paris : Odile Jacob.
  • freud s. (1871-1881). Lettres de jeunesse. Paris : Gallimard, 1990.

Notes

[1]

Gide A. (1925). Les Faux-Monnayeurs. Paris : Gallimard, 1997, p. 265.

[2]

Duras M. (1984). L’amant. Paris : Les Éditions de Minuit.

[3]

Ibid., p. 28.

[4]

Beauvoir S. de (1958). Mémoires d’une jeune fille rangée. Paris : Gallimard, 1972.

[5]

Ibid., p. 144.

[6]

Ibid., pp. 346-347.

[7]

Alain-Fournier (1913). Le Grand Meaulnes. Paris : Le livre de poche, 2006, pp. 66-67.

[8]

Ibid., p. 132.

[9]

Freud, 1871-1881, pp. 260-261.

Résumé

Français

Que nous apprennent ces fièvres d’amitié à l’adolescence qui unissent des couples de jeunes gens dont les émois servent de fil conducteur aux romans dont ils sont les héros ? Dans l’analyse, comme dans la vie, l’ami(e) est, à l’adolescence, le partenaire indispensable de la rencontre que fait l’autre avec le sexe et avec la perspective de la mort. Ainsi s’inscrit-il dans une cure comme une figure importante du transfert.

Mots-clés

  • fièvres d’amitié à l’adolescence
  • fonction de l’ami(e)
  • amitié comme abri
  • couples d’amis

English

SummaryWhat can we learn from those passionate adolescent friendships that unite couples of youths, their turmoil serving as a thread for stories of which they are the heroes ? In analysis, as in life, the friend is, in adolescence, the indispensable partner in the encounter that the other makes with sex and with the perspective of death. Thus it is inscribed within a treatment as an important figure of the transference.

Keywords

  • passionate friendships in adolescence
  • function of the friend
  • friendhip as shelter
  • couples of friends

Español

ResumenQue nos enseñan esas fiebres de amistad a la adolescencia que unen las parejas de personas jóvenes cuyas emociones sirven de hilo conductor a los romances en los cuales son ellos los héroes? En el análisis como en la vida el amigo es durante la adolescencia el partenario indispensable del encuentro que hace el otro con el sexo y con la perspectiva de la muerte. Así se inscribe en una cura como una figura importante de la transferencia.

Palabras claves

  • fiebre de amistad a la adolescencia
  • función del amigo
  • amistad como refugio
  • parejas de amigos

Pour citer cet article

Brun Danièle, « L'amitié à l'adolescence : pour quoi faire ? », Adolescence 3/ 2007 (n° 61), p. 541-548
URL : www.cairn.info/revue-adolescence-2007-3-page-541.htm.
DOI : 10.3917/ado.061.0541


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