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Africultures

2003/2 (n° 55)

  • Pages : 248
  • ISBN : 2747544702
  • DOI : 10.3917/afcul.055.0145
  • Éditeur : Africultures

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Caractérisée par une vision de la communication et de la culture comme moteurs de la société, l’association AFAKA (« libre ») est un acteur dynamique de la politique culturelle associative. Bilan recueilli par Juliette Ratsimandrava et Roland Ramahatra, deux acteurs culturels majeurs de la période post-indépendance malgache.

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A quelle date a été créée l’association AFAKA ?

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L’association AFAKA a été créée, à Antananarivo, en octobre 1998 sous le régime général des associations, pour la protection et la promotion du patrimoine culturel physique et intangible d’une société sous ajustement structurel depuis une vingtaine d’années. Cet ajustement est cette autre façon de vivre la mondialisation, mise en œuvre par les réseaux de l’argent, du pouvoir, de la technologie et de l’information.

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Quels étaient les actions et les champs d’investigations que AFAKA s’est fixés lors de sa création ?

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L’hypothèse, qui soutenait la trentaine de membres, dont la courbe d’expériences était inscrite depuis de nombreuses années dans des actions de développement, est que l’inculturation de celles-ci fait partie des conditions requises pour en assurer la viabilité et la pérennité.

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Cette volonté s’est dessinée autour d’un certain nombre d’axes d’action :

  • exploration de voies nouvelles plus conformes à notre conception du progrès,

  • mobilisation, évaluation et usage du savoir,

  • capitalisation des expériences individuelles ou collectives,

  • valorisation des demandes porteuses de progrès.

Quelles sont les difficultés rencontrées pour la mise en place de l’association ?

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S’il est apparu important, au départ, de se donner un cadre de réflexion structuré, en fait, nous avions le problème de nous adapter à la diversité des cultures et des structures mentales au lieu de vouloir faire entrer tout le monde dans le cadre intellectuel d’une méthode déterminée.

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A-t-elle réussi à s’adapter ?

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Nous adapter ? Nos exigences se sont déplacées : focalisation sur les caractéristiques du partage donc sur celles du produit à partager, prise en considération du fait que les acteurs d’expériences sont aussi auteurs de connaissance qui essaient de satisfaire un besoin de communication. Il est devenu possible de songer à des apports qui ne se prétendent pas définitifs tout en ayant l’ambition de contribuer à un processus de recomposition des savoirs, des pensées, des sociétés.

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Le défi est de fournir cet effort permanent pour ne pas réifier la culture malgache, en une série de pratiques rigides, officielles, marchandes qui serait en opposition à un autre bloc culturel, celui de la modernité et du changement.

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Quels sont les types de projets mis en œuvre ?

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L’association AFAKA a contribué à confectionner trois types de produits. En premier lieu, il s’agissait d’établir un plan et des études qui permettent de déterminer les modalités de conception et de gestion les meilleures pour la réhabilitation d’infrastructures physiques à vocation culturelle, la restauration des archives, la mise à jour d’encyclopédie et le développement de réseaux.

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L’association s’est aussi donnée pour tâche d’assurer la coproduction/coorganisation de manifestations culturelles dont la caractéristique a été de mettre en exergue les valeurs, les institutions et les modes de comportement qui se transmettent collectivement à l’intérieur de la société malgache. Enfin, toutes ces activités étaient soutenues par l’idée que la santé d’une société, qu’elle soit locale ou nationale, dépend de son aptitude à cultiver et à exploiter les talents et les capacités de toutes les personnes qui y vivent et y travaillent. Cette aptitude est essentiellement liée aux valeurs auxquelles les membres de cette société s’adossent et au mode de pensée qui leur est propre. Ceci a entraîné la mise en œuvre d’activité, d’un comportement de recherche et de développement pour une autre lecture/écriture de ce qui est présenté

  • comme progrès… projet de développement,

  • comme caractéristique de la modernité dans l’éducation, la santé, les microfinances …, l’art

  • comme mécanismes de l’“empowerment”, de l’information – éducation – communication… de la “bonne gouvernance”…

La lecture malgache du phénomène national porteur, depuis les élections présidentielles du 16 décembre 2001, des aspirations au changement à Madagascar, conforte l’association dans les raisons qu’elle s’est données pour travailler en réseau par rapport à cette perspective de reconstruction de la société.

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S’agit’il de champs d’investigation à poursuivre ?

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Bientôt AFAKA fêtera son cinquième anniversaire. Elle continuera son chemin de mise en partenariat et en synergie, en équilibre sur un double constat. La communication n’est pas un instrument de diffusion postérieure d’une connaissance pré-élaborée ; elle conduit l’élaboration de celle-ci ou bien sa transformation, son enrichissement. Et la culture n’est pas qu’un reflet symbolique de valeurs intangibles, un mode de comportement comme traduction de mentalités figées, elle est bien au cœur du processus générateur et régulateur de la société malgache elle-même.

Pour citer cet article

Ratsimandrava Juliette, Ramahatra Roland, « L'association AFAKA : la culture comme élément de " vitalisation " de la société malgache », Africultures, 2/2003 (n° 55), p. 145-146.

URL : http://www.cairn.info/revue-africultures-2003-2-page-145.htm
DOI : 10.3917/afcul.055.0145


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