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Africultures

2003/2 (n° 55)

  • Pages : 248
  • ISBN : 2747544702
  • DOI : 10.3917/afcul.055.0080
  • Éditeur : Africultures

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Mialy est chorégraphe. Il pratique sa discipline comme une plastique qui dialogue en création avec la musique, la langue, la danse. Ses créations s’interrogent sur les dialectiques de soi, de l’espace et de l’autre dans cette « idylle » problématique de l’universel.

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Vous avez été sélectionné pour créer la chorégraphie du spectacle « Séga Pluriel » ?

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Oui. Le metteur en scène est mauricien. L’écrivain qui propose l’argumentaire est réunionnais. L’équipe du spectacle est malgache, réunionnaise et comorienne. Je suis malgache. C’est un spectacle pluridisciplinaire qui est aussi une quête initiatique de la maturité sur les rapports entre l’identité et l’universel. C’est un genre terrible. C’est à la mode. Comme l’emphase médiatique est mise dessus depuis une cinquantaine d’années, beaucoup plus de gens s’y attellent.

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A votre avis, pourquoi avez-vous été choisi ?

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C’est un spectacle contemporain. A mon sens, il s’agit de montrer de manière de façon actuelle des cheminements dans des situations typiques liées à un répertoire musical dans l’existant traditionnel. Le paradoxe est qu’il ne s’agit pas de tomber sur la tradition ou de changer le séga. Le séga lui-même est pluriel : oublié dans un sens mais aussi évolutif. Il y a une fusion problématique avec le zouk et le reggae. Le zouk est binaire, peut-il y avoir un zouk-séga ? C’est un métissage au détriment du séga qui devient un sous-zouk. J’imagine que j’ai été sélectionné parce que la création chorégraphique contemporaine, telle que je la pratique, intègre les influences extérieures sans perdre les racines ? Sans devenir clone de l’autre. Le visuel de la danse et de la scène permet de faire vivre le séga en termes d’émotion et de sensibilité : miroir identitaire et éclat identitaire de la perte. Je pratique « l’idylle ».

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Qu’est cette création dont vous parlez ?

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Le séga parle de tout jusqu’au non-dit. C’est une perte énorme de laisser fuir ce forum. C’est une perte d’âme. Celle-ci se fendille non pas à cause de l’extérieur mais de ce que tu fais de l’extérieur. La création, c’est tout, tout. Je crée. C’est aller loin, délirer sur l’esprit et le cœur de la création. C’est d’une base, aller à la transformation et réussir ce passage donné. La consécration à la création, c’est quand, parce que tu es curieux, tu te perds et tu te retrouves jusqu’à trouver le chemin. C’est quand tout le monde se découvre … Créer un spectacle, un événement, c’est découvrir qu’il n’y a pas de limites.

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C’est un travail ?

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C’est du travail. C’est physique. Il s’agit d’imaginer, de voir l’autre pour définir ce qui est à toi. C’est excitant et dur à la fois. Ça fait peur…

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C’est un travail sur le corps : lire, observer, discerner le potentiel. Le lien avec la langue : danse aux pieds et créole aux oreilles…

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C’est un rapport à l’espace. Une mesure de la grandeur de l’espace, une expérience du centre et de la profondeur. C’est une mise en espace où tu scénographies le mouvement général. Si tu fais petit, ça ne se voit pas. Chaque place est un don.

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C’est un métier ?

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J’ai fêté mes quarante ans, j’ai vingt ans de métier et huit ans d’études : j’ai vingt ans ! Je le tiens de ma mère. Mon « frère aîné », c’est Roland Petit.

Pour citer cet article

  Mialy ,  Rafidinarivo Christiane, « Chaque place est un don », Africultures, 2/2003 (n° 55), p. 80-80.

URL : http://www.cairn.info/revue-africultures-2003-2-page-80.htm
DOI : 10.3917/afcul.055.0080


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