Accueil Revues Revue Numéro Article

Africultures

2003/3 (n° 56)

  • Pages : 256
  • ISBN : 2747553787
  • DOI : 10.3917/afcul.056.0051
  • Éditeur : Africultures

ALERTES EMAIL - REVUE Africultures

Votre alerte a bien été prise en compte.

Vous recevrez un email à chaque nouvelle parution d'un numéro de cette revue.

Fermer

Article précédent Pages 51 - 51 Article suivant
1

Qu’est-ce que la drummologie ?

2

Le terme « drummologie » se décompose en « drum » qui signifie, en anglais, tambour, et de « logos » qui, en grec, désigne l’étude ou la science. La « drummologie » est donc la science qui étudie les institutions mentionnées dans le tambour. À partir de là, on peut distinguer la drummophonie, c’est-à-dire la traduction de ce que disent les tambours, et la drummographie, le texte dont le tambour est l’origine.

3

La drummologie s’enracine dans les sociétés à tambours. Il y a une grande variété de tambours dans les cultures ébriée, baoulée, abourée, agnie, etc., sans oublier les cultures abron et ashantie. Il y a, à part le tambour, d’autres instruments parleurs comme le djomolo chez les Baoulés ou le balafon chez les Sénoufos. Il convient donc de dire que la drummologie est l’étude de tous les instruments parleurs.

4

Quel est le rapport du tambour et de la religion, et celui du tambour et du politique ?

5

Le tambour interroge ainsi l’individu : « D’où viens-tu ? » « Qui t’a créé ? ». Le tambour est matière pour les artistes qui le sculptent, son pour les physiciens, divin tambour pour les croyants. Pour ces derniers, au commencement était le tambour. Le tambour est énergie, puis vibration, laquelle est sons et mots, et finalement phrase venant de Dieu. Il explique comment le verbe est né. Il faut dire que les croyances africaines n’ont rien à voir avec le christianisme. Dieu a créé l’homme, et l’homme a créé Dieu. Dieu a tout créé, et à la fin Il a créé la mort qui L’a tué. C’est l’homme qui parle de Dieu, qui dit qu’Il est, qu’Il est bon, qu’Il est tout-puissant.

6

Le tambour fait aussi partie du politique. Il fait l’éloge des chefs et de ceux dont on connaît les mérites, les hauts faits, la renommée. Il parle de leur généalogie, de leurs ascendants et descendants, de leur biographie. Quand on est ainsi né et considéré, on ne doit pas se promener devant le tambour sans rien donner. C’est une pratique traditionnelle à laquelle il faut sacrifier.

7

Quel intérêt y a-t-il à promouvoir le langage tambouriné dans notre monde marqué par la prépondérance du langage informatique ? N’êtes-vous pas dépassé ?

8

C’est vrai que certains pourraient le penser. Mais il faut leur dire que la télécommunication existait déjà en Afrique. Le tambour attoungblan peut être entendu entre trente et quarante kilomètres, installé sur une hauteur et en direction du vent. Il suffisait d’installer des relais distants l’un de l’autre de cinq à sept kilomètres. Chez les Ébriés, il y avait un tambour qui pouvait se faire entendre d’Abidjan à Bingerville. C’était un tambour à lèvres et non à membrane. Nos anciens connaissaient déjà la télécommunication. Ils étaient instruits. C’est pour cela que mon souci est d’étudier et de faire connaître l’histoire des sociétés africaines. Je veux promouvoir un parler africain.

Pour citer cet article

  Niangoran-Bouah Georges,  Ahouo Léon Raymond, « Le langage des tambours. De l'importance des tambours dans les manifestations politiques et religieuses », Africultures, 3/2003 (n° 56), p. 51-51.

URL : http://www.cairn.info/revue-africultures-2003-3-page-51.htm
DOI : 10.3917/afcul.056.0051


Article précédent Pages 51 - 51 Article suivant
© 2010-2014 Cairn.info
back to top
Feedback