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Africultures

2004/2 (n° 59)

  • Pages : 248
  • ISBN : 2747565211
  • DOI : 10.3917/afcul.059.0107
  • Éditeur : Africultures

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C’est un fleuve-littérature qui coule depuis je ne sais combien d’années sous le pont... Justement, le fameux pont sur le Congo. Qui n’en a pas rêvé ? Pas seulement Franklin Boukaka et sa célèbre chanson « Pont sur le Congo », mais toute personne qui a fait un jour l’aventure de la traversée. C’est quand même incroyable, ce pont imaginaire qui est dans toutes les têtes. Ce rêve têtu d’humanité. Cette éclaboussure salutaire des bonnes consciences qui ne demande qu’à rejaillir sous la pression des écrivains et artistes.

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En effet, qu’est-ce que ce fleuve a charrié comme littérature au sens large du terme. Poésie, romans, théâtre, rumba… Tout un pan du continent africain au début des années 60 s’est mis à rêver de liberté. L’aube d’une humanité nouvelle au pas de « Indépendance Chacha ». J’avais quatre ans ou cinq ans, et je prenais du plaisir à me laisser chauffer par ce soleil des indépendances cher à l’écrivain ivoirien Ahmadou Kourouma. Comme tous les petits Africains de mon âge, je souriais à la vie… Et puis le moment du désenchantement est arrivé. Avec force. Merde alors !

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Heureusement pour nous, les musiciens congolais n’ont pas désenchanté. D’une rive à l’autre, d’une saison à l’autre, la rumba a évolué en prenant tous les chemins de traverse possibles jusqu’au ndombolo. Il paraît qu’à Kin, Wera Son, dit le « roi de la forêt », est la star du moment. Qui dit vrai ? Vrai ou non, les rives, elles, sonnent toujours. Du son de la musique ou du son du silence ou de l’indifférence. N’oublions pas que Kinshasa et Brazzaville sont aussi deux capitales éprouvées par la guerre.

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C’est dans cette perspective de légèreté et de gravité que s’inscrivait le projet de résidence d’écriture dénommé « Rives sonores : Brazzaville-Kinshasa » qui n’avait pas d’autre ambition qu’une plongée d’écrivains de différents horizons (Gabon, Haïti, Tchad, Congo-Brazzaville, RDC) dans les deux capitales sœurs. Une plongée non pas pour extraire je ne sais quel diamant ou pétrole, mais simplement pour raconter ces deux villes-miroirs de chair et de sang. C’est aussi un voyage sur le chemin du Nouveau congrès des écrivains d’Afrique et de ses diasporas qui s’est déroulé à N’Djamena du 24 octobre au 2 novembre 2003. Un rendez-vous historique après les deux premiers congrès de 1956 à Paris et 1959 à Rome.

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Une dernière observation : aucun des écrivains en voyage n’a ménagé sa monture. Vive la liberté de création ! Vive la liberté tout court !

Pour citer cet article

Djedanoum Nocky, « Le fleuve Congo et ses rives sonores », Africultures, 2/2004 (n° 59), p. 107-107.

URL : http://www.cairn.info/revue-africultures-2004-2-page-107.htm
DOI : 10.3917/afcul.059.0107


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