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Africultures

2006/2 (n° 67)

  • Pages : 248
  • ISBN : 2296005829
  • DOI : 10.3917/afcul.067.0127
  • Éditeur : Africultures

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Gorée est une petite île de trois cents mètres de large sur neuf cents mètres de long, à quatre kilomètres au large de Dakar – ville fondée en 1857 par des habitants de Gorée. Son nom vient du néerlandais goede reede : « bonne rade ». En effet, son accès facile et sa proximité de la côte continentale en ont fait, dès la fin du XVIe siècle, un enjeu stratégique pour les puissances coloniales : entre 1678 et 1817, elle a été occupée quatre fois par les Anglais et cinq fois par la France. Contrairement à d’autres ports sénégambiens comme Rufisque ou Saint-Louis, Gorée n’a jamais été un lieu d’embarquement important pour les navires négriers. En revanche, c’était une forteresse d’un intérêt considérable pour le contrôle de la traite.

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L’ensemble de l’île de Gorée est classé sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1978. La Maison des esclaves, restaurée en 1966 lors du Festival mondial des arts nègres de Dakar, est le site le plus visité du Sénégal. Elle a été construite vers 1785, trente ans avant l’abolition officielle de la traite par le congrès de Vienne. L’île comptait à cette époque quatre-vingt-cinq maisons en pierre du même type, dont les deux tiers appartenaient à des Signares.

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Ce terme (du portugais senhora : « dame ») désignait des Sénégalaises plus ou moins métissées momentanément « épousées à la mode du pays » par des commerçants ou officiers européens. Souvent fortunées, elles se livraient au commerce et possédaient de nombreux « captifs de case » – le nombre de ces esclaves domestiques avoisinait les deux mille à Gorée vers 1800.

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La Maison des esclaves était naguère appelée Maison Annacolas, du nom de la Signare Anne Colas qui en fut l’une des premières propriétaires. Comme des dizaines d’autres, elle servait à la fois de lieu d’habitation et de « captiverie » : dans les cellules du rez-de-chaussée étaient enfermés, dans des conditions épouvantables, une centaine d’esclaves en transit. Après l’abolition de la traite, le rôle de Gorée s’est inversé, abritant une flotte chargée d’arraisonner les navires négriers devenus illégaux. Au temps de la colonisation, la plupart des traces de la traite ont été systématiquement détruites sur la côte occidentale de l’Afrique. La Maison des esclaves est la seule à Gorée où quelques vestiges – dont les « fers » – ont été préservés, ce qui explique qu’elle ait été transformée en Musée de l’Esclavage, géré conjointement par la mairie de Dakar et l’Unesco. Elle est visitée chaque année par des dizaines de milliers de voyageurs étrangers, parmi lesquels de nombreux Africains-Américains. Elle a déjà accueilli de nombreuses célébrités, dont James Brown, George W. Bush, Bill Clinton, Jacques Chirac, Jean-Paul II ou Nelson Mandela.

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Depuis 2005, la mairie organise en novembre le Gorée Diaspora Festival consacré principalement à la danse et à la musique.

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G.A.

À lire :

Joseph N’Diaye : Il fut un jour à Gorée : l’esclavage raconté à nos enfants. Michel Lafon, 2006.

Joseph-Roger de Benoist & Abdoulaye Camara : Histoire de Gorée. Maisonneuve & Larose, 2003.

Jean Delcourt : Gorée, six siècles d’histoire. Clairafrique, Dakar, 1984.

Marie-Aude Priez & Thomas Renaut : Gorée : mémoire du Sénégal. ASA, 2000.

Pour citer cet article

« Gorée, l'îlot-symbole », Africultures, 2/2006 (n° 67), p. 127-127.

URL : http://www.cairn.info/revue-africultures-2006-2-page-127.htm
DOI : 10.3917/afcul.067.0127


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