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Africultures

2006/2 (n° 67)

  • Pages : 248
  • ISBN : 2296005829
  • DOI : 10.3917/afcul.067.0153
  • Éditeur : Africultures

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En hommage au centenaire de la naissance de Léopold Sédar Senghor et au bicentenaire de la loi anglaise portant abolition de la traite des Noirs, se prépare la création d’un « Requiem Noir ».

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Le projet d’honorer la mémoire des victimes de l’esclavage et de rendre hommage à la vitalité des cultures issues de cette histoire par la création d’un spectacle musical, Le Requiem Noir, émane d’une volonté : celle du président de l’université Paris 8, l’historien Pierre Lunel.

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Rappelons qu’en 1807, le député anglais Wilberforce réalise un tour de force en faisant voter l’interdiction de la traite des Noirs sur des navires anglais. Cette première étape sera décisive. Appliquée dès la première moitié du XIXe siècle, la mesure servira de modèle à tous les abolitionnistes de la traite. Le poète-président Léopold Sédar Senghor s’était, quant à lui, donné pour mission de faire reconnaître les valeurs de l’Autre, le « Nègre », et de montrer l’apport de la civilisation noire à la « Civilisation de l’Universel ».

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Pour en démontrer l’existence et abattre les dernières bastilles, dont celle de l’esclavage contemporain, le grand humaniste avait, lors de son 50ème anniversaire, invité quatre-vingt-dix-huit artistes de tous pays à illustrer la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Les créateurs, bergers des peuples, exprimèrent par ce geste la volonté d’éradiquer les derniers foyers de l’esclavage en se mettant au service du dialogue universel. Le centenaire de la naissance de Senghor et le bicentenaire de l’abolition de la traite en Angleterre peuvent donc se conjuguer dans un acte commun de commémoration, reconnaissant l’apport fondamental du monde afro à la « Civilisation de l’Universel ».

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Il s’agit, par la voie d’un échange artistique entre le Sénégal et la France, de célébrer le dialogue des cultures en dénonçant la traite des êtres humains et, à travers elle, la modernité de l’esclavage et toutes les formes de racisme, « crime du cœur et de l’esprit ». Le Requiem Noir mettra à l’honneur le chant choral (notamment à travers un hommage à Julien Jouga, maître de chœur et ami de Senghor) et y associera le compositeur pour chœur espagnol Enrique Muñoz, le rappeur sénégalais Didier Awadi et la cantatrice et poétesse Yandé Codou Sène, griotte attitrée de Senghor. Il sera créé à Dakar en décembre 2006. En France, le spectacle sera accueilli en mai / juin 2007, et peut-être à Londres fin juin 2007. La manifestation comprendra également un colloque, co-organisé par l’université Paris 8, l’Agence universitaire de la francophonie et l’université Cheick Anta Diop de Dakar ainsi que des actions de sensibilisation destinées plus précisément aux jeunes générations.

Contact : Poisson Pilote Production, Delphine Boudon, delphineboudon@aol.com

Pour citer cet article

Peghini Julie, « Un requiem pour célébrer Senghor et l'abolition de la traite par les Anglais », Africultures, 2/2006 (n° 67), p. 153-153.

URL : http://www.cairn.info/revue-africultures-2006-2-page-153.htm
DOI : 10.3917/afcul.067.0153


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