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Africultures

2006/2 (n° 67)

  • Pages : 248
  • ISBN : 2296005829
  • DOI : 10.3917/afcul.067.0170
  • Éditeur : Africultures

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Les mythes ont la vie dure. Ce « besoin d’y croire » est, aujourd’hui encore, très répandu partout sur notre planète. C’est peut-être pourquoi Esclavage, métissage, liberté (La Révolution française en Guadeloupe 1789-1802) de l’historien Frédéric Régent risque de ne pas plaire à tout le monde.

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« Beaucoup imaginent les esclaves travaillant enchaînés, fouettés et torturés en permanence. Trop souvent, l’esclave est perçu comme un résistant, un révolté, un marron. La réalité est plus complexe. » C’est là l’essentiel du message contenu dans l’ouvrage de Frédéric Régent. Il explique qu’il n’y a pas eu un seul esclavage mais plusieurs. Au plan macroéconomique comme social, la Guadeloupe, colonie à esclaves, n’eut pas le même mode opératoire que les États-Unis d’Amérique, État esclavagiste.

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Même constat concernant les individus : si l’esclavage fut régi par une lourde législation, dans la pratique, chaque esclave connut une condition servile différente. Cet état de fait eut des conséquences essentielles sur la vie et la survie quotidienne des Noirs esclaves ou des « libres de couleur » en Guadeloupe.

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Exemple : à la fin du XVIIIe siècle, la société guadeloupéenne était divisée en trois classes : les Blancs (13 %), les libres de couleurs (3 %) et les esclaves (84 %). Si l’histoire a heureusement retenu le nom de Louis Delgrès, d’après Frédéric Régent, les libres de couleurs (idéal vers lequel tendaient les esclaves à talents) participaient activement au maintien du système esclavagiste. Ils étaient propriétaires de 5 % des esclaves et servaient dans la milice chargée de chasser les marrons.

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Quant à la sexualité des femmes de couleurs, l’historien rappelle que : « Les esclaves les plus désirables préfèrent être les amantes de Blancs, ce qui leur donne une possibilité d’affranchissement, plutôt qu’être mariées à un esclave. » Nous sommes loin du mythe de l’esclave systématiquement violée par son maître… Démythifier le passé, c’est l’accepter dans toute sa complexité. Pour ce faire, le livre de Frédéric Régent est un outil de choix.

Esclavage, métissage, liberté. La Révolution française en Guadeloupe 1789-1802, de Frédéric Régent, éd. Grasset, 2004.

Pour citer cet article

Brax Jean-Pierre, « Démythifier le passé », Africultures, 2/2006 (n° 67), p. 170-170.

URL : http://www.cairn.info/revue-africultures-2006-2-page-170.htm
DOI : 10.3917/afcul.067.0170


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