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Africultures

2006/3 (n° 68)

  • Pages : 216
  • ISBN : 2296012760
  • DOI : 10.3917/afcul.068.0056
  • Éditeur : Africultures

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Dramaturge camerounais d’une cinquantaine d’années, Marcel Zang est arrivé en France à l’âge de neuf ans. Il est l’auteur de plusieurs pièces publiées chez Actes Sud papiers, notamment L’Exilé, Bouge de là et La danse du pharaon. Toutes traitent de l’exil et de la frontière, traduisent les hantises, les incompréhensions et les obsessions de l’immigré et son rapport intime à la liberté. Il nous confie ici ce que lui inspirent ces mots qu’un immigré transporte dans ses valises.

Marcel Zang

DR
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ENFANCE : « Ce qui n’est plus et qui ne sera jamais plus que souvenirs. On y pense quand on l’a quittée. Or ma terre d’enfance est l’Afrique. Mes souvenirs d’Afrique sont des souvenirs d’enfance, puisque j’ai vécu jusqu’à neuf ans au Cameroun et cette confusion fonde mon identité. Pour grandir, il faut accepter de perdre. »

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ENTRE-DEUX : « Il représente pour moi une nécessité existentielle, c’est espace d’instabilité qui permet le jeu. C’est l’espace du mouvement, du balancement qui fait la vie. C’est l’espace même de l’écriture, car il faut ce vide pour écrire. »

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EXIL : « Toute rencontre est un exil, il faut savoir sortir de soi, sortir du connu pour grandir et faire du chemin. »

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FRONTIÈRE : « On ne peut traverser une frontière sans être aussi traversé par elle. »

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IDENTITÉ : « Elle n’existe jamais sans la différence. »

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IMMIGRATION : « Aller voir ailleurs, aller à la rencontre. Dans toute rencontre, il y a paradis et enfer. Mais sans rencontre, il n’y a pas de vie, pas d’avenir. »

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IMMIGRÉ : « Je ne me suis jamais senti comme immigré. Mais il m’arrive de me sentir émigré quand j’ai affaire à la loi. Où que j’aille, je me sens à côté. Mais l’émigration commence quand je reviens vers ma famille, et que je dois me subordonner à des lois, à des règles. »

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INTÉGRATION : Il n’y a pas d’intégration sans réciprocité. S’intégrer à un groupe, c’est modifier la chimie du groupe et modifier à son tour son identité. S’intégrer c’est apprendre à se désintégrer : perdre une part de soi pour en gagner une autre. »

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LIBERTÉ : « Ce qui échappe. »

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PHOTOS : « Longtemps j’ai eu peur des photos. Quand on est gamin, c’est une page où rien n’est encore écrit, une image vierge, chargée de tous les possibles. On n’a pas donné d’angle à sa vie. J’avais une photo de mon père et de ma mère avec moi gamin et je l’ai perdue, cela a été une grande douleur. Une photo arrête un moment donné, et nous renvoie en même temps à tout un au-delà. »

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RÊVE : « Ce qui pousse l’émigré à partir, autrement dit à miser sur un autre territoire que sa terre natale, à jouer dans l’espoir de gagner. L’émotion du jeu naît du risque et l’émigré cherche cette part d’émotion dans le rêve de ce qui pourrait advenir. »

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SECRET : « Il y a dans le secret le côté caché, mais il y a aussi ce que l’on ne révèle pas, ce que l’on ne parvient pas à dire, ce qui ne se voit pas. Or, si l’art ne restitue pas l’invisible, il le rend visible, il a le pouvoir de révéler ce que l’on ne peut dire dans la vie. Le secret est une question de contour, une question de désir. Et l’écriture endosse les formes de nos désirs. »

Pour citer cet article

 Chalaye Sylvie, « Petit glossaire de l'immigré avec Marcel Zang », Africultures, 3/2006 (n° 68), p. 56-56.

URL : http://www.cairn.info/revue-africultures-2006-3-page-56.htm
DOI : 10.3917/afcul.068.0056


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